Le 8 février, le « Do It Yourself » de Détroit à la rencontre de Paris

Le « Do it yourself » , en français le « Faites le vous-même », est l’un des DJAprincipes essentiels de la transition.

Agriculture urbaine, périurbaine ou rural ; réparation, construction ou récupération d’objets mécaniques ou informatiques les plus divers ; habitats ou encore alimentation, les alternatives concrètes locales inventent une autre futur qui se conjugue déjà au présent, dont l’une des bases est la réappropriation des savoirs et le partage des savoirs-faire.

Avec un objectif :  sortir de la société de l’ultra consommation et de ses impasses sociales, économiques et environnementales.

Présentation de « Détroit je t’aime » le 8 février à Paris

Dans quelques jours, le Do it Yourself sera à l’honneur sur grand écran à travers un projet dont Quartiers en transition s’était fait l’écho en juillet 2012 : « Détroit je t’aime » des réalisatrices et  journalistes Nora Mandray et Hélène Bienvenu. 

Présenté dans le cadre du Festival International du Film de l’Environnement en avant première au  samedi 8 février à 17h Cinéma des cinéastes (7, avenue de Clichy dans le 17e arrondissement), ce web documentaire est, selon les deux réalisatrices, une véritable  « ode à Détroit, ville à l’avant-garde du mouvement Do-It-Yourself (« fais-le toi même »), cette  nouvelle manière collaborative et durable de vivre et de penser la communauté« .

Comment ne pas voir en effet, dans l’histoire de celle que l’on a baptisée Motor City au milieu des années 60, la trajectoire de notre société et d’une certaine façon, de ce que pourrait nous réserver l’avenir si nous ne tournons pas le dos à notre actuel mode de vie.

L’agriculture urbaine bouleverse notre regard sur la ville

Webdocumentaire à forte composante sociale comme le souligne Hélène et Nora, « Détroit je t’aime« raconte trois histoires  : un atelier vélo LGBTQ ; un fermier urbain et une hacktiviste, qui chacun transforme la crise économique en véritable aubaine pour repenser le travail, la vie en société, et nous-mêmes.

Un triptyque qui fait écho aux initiatives et autres expériences vécues dans le 18ème, dans nos quartiers à Paris ou en Ile-de-France.

L’agriculture urbaine est à elle seule sans doute au cœur d’un bouleversement sur notre manière de vivre la ville et le regard que nous portons sur elle. Des actions de la Guerilla Gardening à Vergers Urbains, de la réappropriation potagère et fruitière de délaissés urbains en passant par le développement des potagers sur les toits parisiens, c’est un nouveau récit qui s’invente quotidiennement. 

Un récit qui mêle reconnexion de l' »homo urbanus »  à la nature, reconquête de la biodiversité cultivée et potagère dans les cités, retour au plaisir de cultiver sois-même et d’échanger conseils et pratiques, autre manière de s’alimenter…

Loin des fastfood, des fruits et légumes calibrés de la grande distribution, celles et ceux  engagés dans ces expérimentations se replongent dans un passé pas si lointain et au fond bien plus moderne que le futur dessiné par les politiques actuelles.

« Dans la poussière de ses gravas, Détroit a entamé une révolution radicale »

C’est aussi ce que raconte « Détroit je t’aime » et que rappelle Hélène Bienvenu et Nora Mandray dans la présentation de leur projet : « En quelques décennies, la ville-berceau de l’industrie automobile est devenue l’ombre d’elle-même. Usines en ruine, maisons et églises abandonnées, hectares entiers de “prairies urbaines”… ce paysage désert aux allures post apocalyptiques, c’est Détroit.
Ville exemplaire des excès et fléaux urbains du XXème siècle, elle est hautement symbolique de la civilisation occidentale qui nous a tous portés : celle du productivisme fordiste, de l’automobile et du tout pétrole. Détroit, qui a vu naître et mourir le travail à la chaîne est à l’avant-garde d’un mouvement mondial qui cherche à se réapproprier ses moyens de production pour créer un nouveau vivre ensemble.
Aujourd’hui, les Détroiters opèrent un retour d’échelle, guidés par un besoin vital de (ré)invention. Le travail retrouve son sens, plus près de l’humain, en communauté. Dans la poussière de ses gravas, Détroit a entamé une révolution radicale menée par l’esprit “Do It Yourself”. »

Dans la vidéo ci-dessous après les premières images de « Détroit je t’aime », Hélène revient en détail sur le projet en lui-même :

« Détroit je t’aime » sera dévoilé dans son intégralité et officiellement début juin. Mais la volontés des deux auteures est d’aller plus loin que l’exercice du webdocumentaire.

« Détroit je t’aime », outils participatif pour la transition

Elles ont conçu celui-ci comme un véritable outil dont sont appelés à prendre possession toutes celles et tous ceux qui sont investis dans les mouvements liés à la transition via une plate-forme sous forme de site Internet dédié.

Ainsi, un module de géolocalisation permettra à « l’internaute de se géolocaliser afin de mieux repérer les initiatives DIY près de chez lui.  Les actions en cours et ayant besoin d’effort pour être achevées seront représentées par un point orange ;vert si elles fonctionnent déjà. Grâce à l’outil de géolocalisation, l’internaute pourra voir si d’autres initiatives déjà signalées sont en cours près de chez lui et sera alors invité à entrer en contact avec les porteurs du projet« .

Quartiers en Transition reviendra régulièrement dans les prochaines semaines sur le travail d’Hélène et Nora,  avec en point de mire le mois de juin qui devrait être particulièrement chargé pour Détroit je t’aime avec un programme et des rendez-vous autour de l’agriculture urbaine, des transports pour tous et de l’égalité numérique.

 

4 réflexions sur “ Le 8 février, le « Do It Yourself » de Détroit à la rencontre de Paris ”

  1. Toutes ces initiatives sont importantes. Seulement, il ne faut pas rêver et croire que la source du problème, le capitalisme, va s’effriter comme ça et disparaître en douceur.
    Mouvement des castors (auto-construction) après la deuxième guerre mondiale, coopératives , etc… ne l’ont pas fait plier. On ne peut pas éluder la question du pouvoir central. Déjà à Détroit, des capitalistes investissent dans l’agriculture urbaine…

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