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Après les municipales, pourquoi l’écologie politique doit se tourner vers Murray Bookchin

Après le premier tour des municipales en France, l’écologie politique n’est sans doute pas plus avancée en terme de questionnements qu’avant le scrutin. Il y a certes quelques motifs de satisfaction, notamment  sur la volonté exprimée de voir l’environnement et les questions écologiques davantage prises en compte. A Paris comme dans un certain nombre de moyennes et grandes villes, le score des candidats EELV est ainsi plus haut que ces derniers ne pouvaient l’espérer.

L’effet pic de pollution et son nuage nauséabond qui plané les derniers 10 jours précédent le 1er tour  n’est sans doute pas étranger à cette embellie printanière. Pour autant, si ce « désir de vert » d’une partie de l’électorat est réel, il ne permet pas de tirer de véritables conclusions.  Ou plutôt, il ne fait qu’amplifier la nécessiter de s’interroger sur les stratégies à tenir en matière électorale pour l’écologie.

Quartiers en Transition s’efforce depuis quelques mois d’ouvrir des pistes de réflexion à ce sujet. L’une d’elles nous mène vers  le municipalisme libertaire théorisé dans les années 60 et 70 par  l’américain Murray Bookchin. Parmi les points clés de ce qui constitue aujourd’hui une branche de l’écologie, le rapport de cette dernière au jeu institutionnel est particulièrement intéressant.

Relocalisation économique et relocalisation politique

L’une des idées majeures défendues par Bookchin est la nécessité absolue d’investir le terrain local, la commune. La pertinence de cet échelon est double : d’une part, il permet de développer dans les ville et les quartiers, une économie de proximité, basée sur des coopératives municipales, des petites unités de productions, des circuits courts où l’autogestion est largement de mise … D’autre part, cette relocalisation économique se double d’une relocalisation politique, avec une gestion citoyenne directe de la commune.

Tournant le dos à une  démocratie représentative à bout de souffle, ignorant -voir reniant- délibérément l’État, Bookchin propose une administration de la commune par le biais de la démocratie directe .

Au regard des résultats de ce premier tour des municipales, ce courant de pensée longtemps resté dans l’ombre mérite  bien une nouvelle lecture.  L’envie d’écologie en termes d’actions et de pratiques concrètes au niveau local semble aujourd’hui l’emporter sur la confiance de l’électorat dans la capacité des politiques nationales à changer les choses.

Une voie d’expérimentation essentielle

Preuve en est, en s’alliant nationalement avec le PS pour entrer au gouvernement, EELV n’a pas réussi à traduire cette stratégie en actes sur le terrain, notamment en matière environnementale (que ce soit sur le nucléaire ou encore sur Notre-Dame-des-Landes pour ne prendre que deux exemples). Comme un écho à cette faillite,  les listes d’union PS-EELV aux municipales dans certaines villes ont déçu. Résultat, l’écologie politique et dans ce cas précis, EELV gagne donc du terrain là où elle se présente en autonomie. C’est l’un des enseignements de ce premier tour, tout comme l’est l’abstention.

Celle-ci, en se situant à un niveau record inégalé, traduit une crise de défiance majeure entre les citoyens et leurs éluEs. Lesquels paient sans aucun doute, la coupure quasi définitive dont il sont largement responsables avec leurs électeurs.

Reporterre, dans une excellente tribune publiée ce lundi 24 mars (extrait ci-dessous), en analyse les raisons et souligne combien le municipalisme libertaire constitue pour l’écologie politique une voie d’expérimentation essentielle.

L’abstention n’est pas une fatalité

par Barnabé Binctin /Reporterre, – lundi 24 mars 2014

Face à l’abstention, qui manifeste la crise du politique, l’écologie porte un projet de refonte de la démocratie : le municipalisme libertaire.

Presque 40 % d’abstention ce dimanche 23 mars au premier tour des municipales : les citoyens n’auraient pu manifester plus clairement leur défiance avérée à l’égard des représentants politiques – ce qu’on appelle la « crise de légitimité du politique ».

Mais avec, entre autres motifs, la tendance aux projets inutiles et imposés, qui se multiplient sous l’égide de maires court-circuitant les procédures de concertation – comme les enquêtes récentes de Reporterre en Eure-et-Loire ou dans le Jura l’ont mis en exergue – peut-il en être autrement ?

Le niveau local ne fait plus exception ; il prolonge les maux de la démocratie représentative constatés à l’échelon national. Partout, les mêmes manœuvres, entre conflit d’intérêts et opacité, qui tiennent la société civile et l’intérêt commun hors du champ d’action. De la commune au gouvernement, le système oligarchique s’applique à l’identique. Il a gangrené les institutions politiques.

Il ne s’agit plus aujourd’hui de redonner « confiance » aux citoyens, il s’agit de lui redonner son pouvoir légitime dans la vie publique. Comment ? Par une démocratie directe, locale et écologiste. Dans son panthéon intellectuel, l’écologie politique peut s’appuyer sur le philosophe Murray Bookchin, qui a conceptualisé l’armature de la solution : le municipalisme libertaire.

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