1er décembre : Projets inutiles, la victoire est possible ! Avec Reporterre et Agir Pour l’Environnement

Au Testet comme à Notre Dame des Landes, à Gonesse comme à Roybon, à Bure et sur le Lyon Turin, les batailles contre les projets inutiles deviennent centrales. Alors que les luttes s’intensifient et remportent des vrais succès, Reporterre et Agir Pour l’Environnement organisent une Rencontre lundi 1 décembre : « La victoire est possible ! » Stratégies de luttes, coordination des opposants, résistance au discours des pouvoirs : la soirée promet d’être intense.

Elle réunira Ben Lefetey, porte-parole de la lutte pour la sauvergarde de la zone humide du Testet, Françoise Verchère, des collectifs contre l’aéroport de Notre Dame des Landes, Bernard Loup, du collectif contre Europa City, à Gonesse (Seine-Saint-Denis) Triangle de Gonnesse, Stephane Peron, contre le projet de Center Parcs à Roybon, en Isère et François Tassard, du collectif contre Decathlon, à Saint Jean de Braye, près d’Orléans.

 Autoroutes, aéroports, lignes LGV, enfouissement de déchets nucléaires, incinérateurs, stades, centres commerciaux, parcs de loisirs… La liste de « projets » d’aménagement ne cesse de s’allonger, dans une frénésie de gaspillage de terres agricoles et de gâchis économique.

 Mais le rejet dont font l’objet ces grands projets inutiles témoigne de la faille grandissante entre une élite qui s’affranchit des contraintes écologiques et démocratiques et un peuple qui subit, mais réagit de plus en plus vertement.

 Partout se lève une contestation vivifiante. C’est un peuple de l’écologie et de la transition qui résiste au coeur de dizaines de Zone à Défendre (ZAD) dans toute la France, en inventant de nouvelles formes de démocratie.

Et de plus en plus souvent, la victoire apparaît possible : aux anciennes luttes gagnées du Larzac ou des barrages sur la Loire répondent des succès qui s’amorcent à Notre Dame des Landes, au Testet, à St Jean de Braye, ou définitivement remportés comme à Dunkerque, contre le projet Arena – autant d’exemples démontrant que la mobilisation et la détermination peuvent avoir raison de l’entêtement des pouvoirs.

 Quelles sont les stratégies gagnantes ? Comment résister au discours dominant et convaincre par des récits positifs ? Comment organiser la lutte et former des alliances ? Une coordination de toutes les luttes est-elle possible ?

 Alors que les victoires semblent désormais possible face aux grands projets inutiles, c’est à ces questions que tentera de répondre lundi 1 décembre la Rencontre de Reporterre, en partenariat avec Agir pour l’environnement.

Informations pratiques :
Date et lieu : lundi 1 décembre 2014, à 19h30 à la salle Jean Dame, 17 rue Leopold Bellan, 75002 Paris. Métros : Sentier (ligne 3) ou Réaumur-Sébastopol (lignes 3 et 4).
Entrée gratuite, participation libre à la sortie.
La Rencontre est cofinancée par Reporterre et par Agir pour l’Environnement. La salle est prêtée par la Mairie du 2e arrondissement.

Carrefour, grand projet inutile imposé dans le 18ème arrondissement

Depuis le 8 octobre, plusieurs dizaines d’habitants du 18ème arrondissement regroupées au sein du collectif « Stop Carrefour »sont mobilisées pour s’opposer à l’implantation d’une énième enseigne de la grande distribution autour du quartier Simplon-Barbès.
Mercredi  12 novembre prochain, la réunion publique en mairie d’arrondissement consacrée à la modification du Plan locale d’urbanisme de Paris fournira à Stop Carrefour l’occasion de se faire entendre et d’interpeller le maire du 18ème arrondissement. Et le collectif donne d’ores et déjà rendez-vous à la population le samedi 13 décembre pour une Disco Soup destinée à poursuivre et amplifier la mobilisation. Dans le même temps, une pétition est en ligne pour demander la réouverture de ce dossier par la mairie du 18ème et interpeller  Anne Hidalgo : http://stopcarrefour18.wesign.it/fr

La mobilisation du collectif « Stop Carrefour » a conduit des élus parisiens a formulé au Conseil de Paris des 20 et 21 octobre dernier des vœux auxquels l’exécutif parisien s’est opposé et qui ont été rejetés lors de leur vote. Dans ces vœux, le PG et EELV demandaient notamment à « la Ville de Paris de réétudier le projet et de s’engager dans une réelle concertation avec les habitants ».

Car en  deux ans, c’est une véritable lame de fond qui a déferlé sur un territoire d’un peu plus d’1km², entre les boulevards Ornano-Barbès d’une part et les rues Ramey et Ordener d’autre part. Ici, pas moins de cinq supermarchés sont venus s’ajouter à une offre déjà pléthorique.
L’annonce de l’arrivée d’un nouveau Carrefour programmée fin 2016 début 2017 est donc en passe de transformer les rues du 18ème arrdt en un gigantesque hypermarché à ciel ouvert.

Et rien ne semble pouvoir arrêter l’appétit insatiable des géants de l’alimentaire et de la consommation de masse. D’autant plus que ces derniers paraissent bénéficier de la mansuétude voir de l’encouragement de la municipalité parisienne dans un dossier comprenant de nombreuses zones d’ombre et qui fait la part belle aux promoteurs privés.
Ce futur Carrefour est en effet intégré à une gigantesque opération immobilière liée à la vente d’anciens locaux de la CPAM s’étendant sur 18.000 m². En 2011, la Ville de Paris s’était portée candidate pour l’achat de ces locaux et avait proposé 27 millions d’euros à l’Établissement public foncier d’île de France. La CPAM en demandant 33 M€, c’est la SODEARIF, filiale de Bouygues, qui a raflé l’ensemble des locaux via l’Établissement public foncier d’Île de France.
La Ville de Paris a alors choisi de soutenir le projet présenté par Bouygues qui comprend une maison de retraite, une crèche, des logements sociaux et privés ainsi… qu’un supermarché Carrefour de 1700m2 sur 2 niveaux.
La construction de ce futur Carrefour est donc le résultat d’un savant mécano juridico-financier entre l’État, la Ville de Paris, des opérateurs privés, des sociétés d’investissement et des géants de la grande distribution, le tout sans que les habitants n’aient été informés et ni évidemment associés.

Paris et le 18ème n’échappent pas au Grands Projets Inutiles

Autant d’éléments qui font irrésistiblement penser à que l’on regroupe désormais sous l’appellation  Grands Projets Inutiles Imposés.. Absence de consultation des habitants lesquels sont bien souvent placés devant le fait accompli, opacité totale du dossier, collusion entre intérêts publics et privés, absurdité tant sur le plan social qu’environnemental, les tristement célèbres GPII se multiplient sur le territoire national et Paris n’y échappe donc pas.
Certes, ce Carrefour n’atteint pas le gigantisme de projets comme Europa City d’Immochan, la filiale du groupe Auchan à Gonesse mais il concentre cependant tout les maux de ces projets, entre déni démocratique et aberration écologique.

Le Collectif Stop Carrefour du 18ème entend d’ailleurs aller au delà de lutte contre ce nouveau supermarché en interpellant ainsi la Maire de Paris sur sa vision de la démocratie participative
Pour quelle raison, à l’heure où Anne Hidalgo ne cesse de répéter que celle-ci est la pierre angulaire de son mandat, la population n’est elle pas consultée sur des choix qui impacteront sa vie quotidienne pendant de longues années ?
« Stop Carrefour » souhaite  proposer d’autres alternatives qui prennent en considération les manques dont souffre ce quartier en termes de commerces de proximité, de locaux associatifs ou de structures d’économie social et solidaire, d’espaces verts…
Inventer un autre quartier, une autre gouvernance locale, voilà les enjeux qui se posent derrière l’ouverture d’un énième supermarché dans le 18ème.

HSBC, AMAP francilienne solidaire de la production de chataignes ardéchoises

Associer AMAP et productions locales, en circuit court est l’un des fondements des Associations de Maintien de l’Agriculture Paysanne et HSBC, AMAP du 18ème arrondissement, s’inscrit dans cette volonté en se  fournissant essentiellement via des producteurs d’Ile-de-France.
Cette règle peut toutefois souffrir de (rares) exceptions pour pouvoir s’approvisionner en produits régionaux  dépassant les frontières d’Ile de France tout en conservant cet esprit d’aider au développement de petites exploitations familiales agricoles.
Exemple avec la farine de châtaignes produite à Bogues du Blat en Ardèche et qui sera proposée aux adhérents d’HSBC prochainement.  Un récit de Zoé Duchamps qui revient sur la genèse de ce projet au sein de ce village pour relancer la culture de la  châtaigne et la production de farine, le tout à dimension humaine tout en étant en symbiose avec l’environnement préservé de cette région.

Les habitants des Bogues du Blat, entre autres activités, élaguent les châtaigniers ; ramassent, équeutent, nettoient les bogues ; trient, préparent, broient les châtaignes …. toutes les étapes nécessaires pour créer de la farine de châtaigne 100% ardéchoise, 100% bio, pour 100% de bonheur.Eco-hameau la bogue des blats

Située sur le versant cévenol de l’Ardèche du Sud, au cœur du Parc National des Monts d’Ardèche, la commune de Beaumont a engagé depuis une quinzaine d’année une politique locale pour enrayer le déclin de l’agriculture et le vieillissement de la population.

Cette commune de 200 habitants a évolué au gré des passages et des sédentarisations de personnes. D’agriculteurs, d’abord qui ont vu en la vallée de la Drobie le terrain adéquate pour bâtir une exploitation agricole ; puis de néo ruraux, arrivés dans les années 70 et porteurs de renouveaux social et d’idéologie collective. Pascal, Jacqueline, Jean-Rémy, les élus de la commune sont issus de cette deuxième immigration. Urbains, ils ont vu en l’Ardèche un lieu propice pour encrer un projet collectif. Pour endiguer l’accroissement du village du à une population âgée, non active et s’installant en résidence secondaire – résidences qui mitaient ce paysage naturel – la commune décide de racheter des terres, d’établir un Plan Local d’urbanisme et d’y inscrire les parcelles constructives de celles qui ne le sauraient pas. Le souhait était de faire venir une population jeune, volontaire pour un projet local sur cette commune située à 20 minutes de voiture du premier commerce, plus loin dans la plaine.

La première étape a été le rachat d’anciennes exploitations agricoles à l’abandon et de les louer à bas prix à de jeunes agriculteurs ne parvenant pas à s’installer. Simultanément, la commune a créée des logements sociaux au sein d’anciennes écoles abandonnées. Le dernier projet significatif est celui des logement sociaux des Bogues du Blat. Initié en 2008, le projet a fait pousser 3 maisons au caractère insolite, qui se niche dans le paysage de la châtaigneraie communale. Ces trois maisons en accession sociale ont été bâtis sur un projet de plusieurs années qui a fait intervenir bon nombre d’acteurs, tous regroupés afin de faire germer ce beau projet. Pensées et bâties avec et par les habitants, par les bénévoles et les entreprises locales… les 3 maisons des Bogues du Blat abritent aujourd’hui 4 familles.

éŽco-hameau de la bogue des Blats, beaumont, Ardèche, Photo : Alexa BRUNET pour la rŽégion RA
éŽco-hameau de la bogue des Blats, beaumont, Ardèche, Photo : Alexa BRUNET pour la rŽégion RA

Stéphanie, Johann, et leurs deux ados, Nathalie et son fils Lucio, Martina et son fils Nils et Soazig et Tom, sont les habitants des Bogues du Blat. Ces maisons insolites, ce projet insolite, ces acteurs insolites ont fait naître bien plus que 3 maisons, ils ont donné naissance à une aventure dont l’écriture ne s’est pas arrêtée une fois le dernier coup de pinceau donné. Les habitants, artistes, artisans, thérapeute… dans le but de faire vivre ce lieu qui leur tient à cœur, pour communiquer autour de ce genre de démarches, pour dire à tous, que le logement collectif social peut être une aventure humaine formidable, bénéfique et dans un intérêt général, ont crée l’association des Bogues du Blat. Le projet d’auto construction d’une maison commune est sur la table et permettrait l’accueil des adhérents aux différentes activités proposées.

Le projet a été de démontrer qu’un projet local est possible dans ces zones rurales reculées. Un projet qui n’est pas calqué sur un mode de vie urbain, un projet qui serait éloigné d’une logique de production de biens économiques. Les habitants des Bogues du Blat réussissent à démontrer tous les jours que cette utopie est possible, que le monde rural a ses modes de vie spécifiques et qu’ils peuvent s’insérer dans une pensée de société contemporaine. Ainsi, les habitants des Bogues du Blat, entre autres activités, élaguent les châtaigniers ; ramassent, équeutent, nettoient les bogues ; trient, préparent, broient les châtaignes …. toutes les étapes nécessaires pour créer de la farine de châtaigne 100% ardéchoise, 100% bio, pour 100% de bonheur.

Zoé Duchamp (Texte et photos)

PS : pour celles et ceux qui souhaiteraient en savoir plus : Mairie de Beaumont : http://www.pays-beaumedrobie.com/fr/communes/beaumont-site/bulletin-beaumonts/Les-Bogues-du-Blat.pdf L’agence d’Architecture Construire : http://construire-architectes.over-blog.com/ensemble-à-beaumont Les nouveaux commanditaires de la fondation de France (qui financent et guident des citoyens désireux d’entreprendre un projet d’intérêt général, comme l’installation d’une œuvre d’art sur une place publique par exemple ou bien comme ici la création d’une coopérative autoconstruite en accession sociale….) : http://www.nouveauxcommanditaires.eu/fr/25/42/

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