Camille à l’assaut de la tour Triangle et des grands projets inutiles mercredi 5 février

Mercredi 5 février, Camille, collectif auteur du « Petit livre des Grands Projets inutiles » passera par le 14ème arrondissement, unnamedau Moulin à Café, pour imaginer un autre futur que celui rêvé par les promoteurs de ces GPI. Et cela tombe bien car non loin du 14ème arrondissement, il y a le… 15ème arrondissement, théâtre d’une vertigineuse idée inutile, la Tour Triangle !

Construire pour laisser son empreinte, si possible évidemment dans une capitale, c’est le fantasme numéro 1 de tous les chefs d’État ou maires qui se respectent. Ce syndrome du pharaon-bâtisseur, l’édile socialiste Bertrand Delanoë, premier magistrat de Paris depuis 2001, en est donc lui aussi victime.

Et son départ en mars prochain, il a donc choisi de laisse de léguer un héritage aussi monumental que monstrueux aux parisiens : une tour  culminant à 180 mètres qualifiée de«  beauté inouïe » par Delanoë lui-même, à l’emplacement actuel du Parc des Exposition, Porte de Versailles. Depuis l’été 2013, les travaux ont d’ailleurs d’ores et déjà débuté, les pelleteuses ayant partiellement rasé le plus grand hall du site.

Ineptie économique et environnementale

Comme tous les GPII, celui-ci est mené au nom parait il de l’intérêt général, le prétexte invoqué étant là de créer des emplois, pas moins de 5000 très exactement… Si on suit bien, il suffirait donc de bâtir des dizaines de monolithes tout autour de Paris pour résoudre, d’un coup de truelle magique, le problème du chômage…

Cette ineptie économique se double bien évidemment d’une ineptie environnementale propre aux tours.  La verticalité entraîne toujours une consommation supplémentaire d’électricité pour faire monter l’ensemble des charges sur plusieurs dizaines de mètres. Les tours sont donc d’immenses voraces en énergie, à tel point que les plus « performantes » d’entre elles ne dépenseraient que… 130 kWh/m²/an !

Or, le plan climat parisien a fixé la norme à 50 kWh/m²/an… Visiblement, quand il s’agit de se faire plaisir et de faire plaisir par ailleurs à Unibail, promoteur privé qui adore jouer au Monopoly dans la capitale, rien n’est donc trop beau, fusse un écart au Plan Climat donc…

petit_livre_noirMercredi 5 février, Camille s’élèvera donc, sans jeu de mots, une nouvelle fois contre la Tour triangle et en profitera aussi pour rappeler que Paris n’a bien évidemment pas l’apanage du bétonnage inutile qui touche aussi bien les décideurs politiques de gauche comme de droite. 

Les GPII, Fer de lance du dogme croissantiste

Le nœud du problème au fond n’est pas tant la couleur politique mais bien l’incapacité des élus à remettre en cause un système économique shooté à ces grands projets inutiles dont le seul but est  d’engranger profits et dividendes qui tombent dans les poches de grands groupes privés (Vinci, Immochan, sociétés d’autoroutes… pur ne citer que quelques exemples) et de fonds de pension multi millionnaires. Pendant ce temps, un peu partout, à coups de chantiers gigantesques qui au final ne répondent à aucun besoin,  l’environnement est défiguré, la biodiversité éradiqué et le tout a  un coût social dont on ne parle jamais…

Fer de lance du dogme croissantiste, les grands projets inutiles sont les ultimes témoins d’une société qui refuse de voir l’insoutenabilité de son système économique.

Depuis plusieurs mois, sur fond de crise économique et environnementale, de nombreux combats contre de futures grandes infrastructures routières ou aéroportuaires ont occupé le devant de la scène politique et médiatique. Or ces luttes rencontrent un autre mouvement qui se développe tout aussi rapidement : la transition. Pour bâtir un nouvel imaginaire, Celle-ci propose de s’appuyer sur des initiatives locales développées à partir de petits territoires – village, ville moyenne, quartier –, des échelles pourtant souvent considérées comme peu pertinentes pour faire face aux enjeux climatiques.

Les ZAD, une nouvelle forme de mobilisation et d’opposition

Opposant aux GPII et acteurs de la transition qui sont parfois les mêmes ont  donné naissance à une nouvelle forme de mobilisation : les zones à défendre. Un nom en forme de pied de nez, ZAD signifiant, en langage administratif, zone d’aménagement différé.

Les ZAD rassemblent des personnes d’horizons divers. On y trouve des paysans du Larzac venus en soutien, des militants écologistes, des luddites (antitechnologie), des anarchistes et libertaires, des décroissants, mais aussi des étudiants ou des retraités, urbains ou ruraux, qui, ensemble, forment une coalition transgénérationnelle et transpartisane, hétérogène donc, mais déterminée à résister.

En somme, un véritable petit peuple de l’écologie et de la transition, qui expérimente, grandeur nature, la permaculture, fabrique éoliennes et fours solaires, invente de nouvelles formes de démocraties horizontales…

Loin, très loin des grands projets inutiles, des Tours Triangle, des centres commerciaux géants à pistes de ski intégrées, des aéroports construits sur des zones humides et autres fermes géantes dédiées à l’agro-alimentaire….

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