A La Chapelle, dans le 18ème et ailleurs, se mobiliser pour que vive une autre ville

pano2_ecoboxPlus d’une centaine de personnes  était présente lundi 25 novembre au Théâtre de Verre dans le 18ème pour la soirée « jardins partagés, squats, lieux autogérés,  redonnons de l’espace aux utopies concrètes !« . Une affluence qui témoigne à la fois des inquiétudes pour des lieux  en péril* mais aussi de la volonté de construire une alternative face à ce futur quelque peu obscur, relayée par le Manifeste des Espaces Collectifs et Partagés du 18ème

S’il est est sans doute encore trop tôt pour imaginer la suite que prendra cette soirée et les initiatives à venir,  le très beau film réalisé par le collectif Variable (Federica Gatta, architecte ; Ugo Vouaux-Massel, vidéaste et Maria Anita Palumbo, anthropologue), « ZAC, Zone d’Autonomie Conventionnée », a lui été plébiscité.

Projeté en introduction au débat, ce moyen métrage tourné dans le cadre des Portes Ouvertes de la Chapelle se révèle être un précieux témoignage sur l’histoire, et pour l’Histoire, de six espaces emblématiques du quartier de La Chapelle dans le 18ème arrdt de Paris menacés ou sur le point de disparaître pour certains. Mais c’est aussi un outil critique qui ne demande, comme l’ont précisé Federica Gatta et Maria Anita Palumbo présentes ce lundi soir, qu’à être diffusé pour  sensibiliser et interpeller.

Tout au long des 48mn de « ZAC », celles et ceux, de passage ou occupant ces archipels d’utopies concrètes, parlent de leur quotidien et se questionnent sur le sens et la suite à donner à ces aventures collectives. Ainsi, face au méga projet urbanistique baptisé Chapelle Internationale qui va bouleverser ce quartier et la vie de certains de ces lieux, on s’interroge : « est-ce que l’on aura une influence dessus ?« .

« ces espaces trop peu nombreux  où tu n’est pas consommateur« 

ZAClightQuelle que soit la réponse, face à une ville de plus en plus stérilisée,  normée et standardisée, la réappropriation des délaissés urbains, friches naturelles ou bâtiments désaffectés, constitue une bulle d’oxygène. Faisant la part belle à l’imagination et l’autogestion, « ces espaces trop peu nombreux  où tu n’est pas consommateur » sont l’exact contraire des espaces marchands qui emplissent nos vies et nos villes.

Résister à cette traduction urbaine de la société de consommation s’avère de plus en plus difficile  et le manque « d’ouverture de lieux« , semblables à ceux qui vont disparaitre, est une réalité. Des ouverture qui, quand elles se produisent, peuvent être réprimées brutalement, à l’image du Coolectif du Bonheur, expulsé la nuit du 11 novembre 2013 d’un commissariat désaffecté de la Chapelle, pourtant vide depuis 5 ans…

Au centre de tous ces débats et comme le souligne le titre du film, « Zone d’autonomie conventionnée », c’est aussi le statut de ces jardins partagés, squats culturels et artistiques, ou bien les deux à la fois, qui se pose. Des lieux « conventionnés » liés à la mairie de Paris ou à la SNCF, le temps bien souvent que les opérations d’urbanisme programmées trouvent le financement nécessaire. Un statut qui, face à l’implacable rouleau compresseur de la densification urbaine, est de plus en plus contesté par les principaux intéressés.

Densification par bétonnisation

Ainsi, la disparation programmée début 2014 du jardin partagé du Bois Dormoy, pour laisser affiche boisplace à un EPHAD (Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes), ne va plus de soi pour ses occupants. La justification avancée par les décideurs économiques et politiques, de construction d’équipements publics est un discours de moins en moins tenable dans des quartiers déjà sur-urbanisés.

Cette densification par bétonnisation bouleverse aussi les équilibres sociaux et culturels que les espaces autogérées et alternatifs contribuent à leur manière à maintenir. Et la nature en ville fait aussi les frais de cette volonté de remplir le moindre vide de la ville, signant la disparition progressive des jardins partagés et des friches, si importantes pour la biodiversité.

Sur un territoire comme Paris où les champs du possible ne cessent de se rétrécir sous les coups de butoir des opérations foncières et de la logique marchande, la pertinence du statut de « lieu conventionné » est donc ouvertement posée, comme l’a démontré le débat qui a suivi.

Les prochains mois permettront ils d’enclencher une mobilisation pour que vive une autre ville ? La résistance qui commence à faire son chemin  à La Chapelle pourrait rapidement faire tache d’huile dans le 18ème et au delà.

*L’Arrière Cour 93, le Jardin d’Alice, Ecobox, le Shakirail, le Bois Dormoy et le Théâtre de Verre

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