Quelles alliances stratégiques pour le mouvement de la transition ?

Le mouvement des initiatives de Transition excelle là où d’autres calent : une action politique hyper-locale et la mise en action d’une frange de la population non-militante, voire « dépolitisée ». Il a réussi ce pari grâce Sans titreà une vision très pragmatique et positive de l’avenir et surtout par l’évitement de toute conflictualité. Aujourd’hui, le mouvement semble avoir heurté quelques limites.

Le temps des alliances serait-il venu ? Mais peut-il faire alliance avec (et donc inclure) des mouvements « militants » ? Cette question permet de renouveler les rapports de solidarité Nord-Sud, et d’analyser le phénomène des ZAD (Zones à Défendre).

  • Par Antoine Lagneau, membre des collectifs Quartiers en Transition et ALDEAH (Alternatives au Développement Extractiviste et Anthropocentré). Rédigé pour Barricade, (lieu d’émancipation collective et de création d’alternatives à Liège en Belgique)

Il n’aura fallu que peu de temps pour que le mouvement de la Transition passe de l’ombre à la lumière. Lancé en 2005 dans la petite ville anglaise de Totnes, il s’est rapidement propagé à travers le Royaume-Uni avant d’essaimer progressivement dans le monde entier. Rob Hopkins, l’initiateur du mouvement, reconnaît dans une interview de la revue Imagine que l’ampleur du phénomène l’a profondément étonné : « lorsque nous avons démarré à Totnes, nous ne pensions pas susciter de l’intérêt ailleurs qu’ici. Nous avons donc été surpris par le cours des événements ». C’est ce que confirment John Barry et Stephen Quilley pour qui la Transition est « le mouvement écologiste ayant connu la croissance la plus rapide dans le monde anglophone au cours de la dernière décennie ».

Au départ, il y a donc un constat : confrontée au dérèglement climatique et à l’épuisement du pétrole, notre société doit profondément revoir ses rapports à l’énergie, aux transports et à l’agriculture sous peine de risquer un effondrement. Mais alors que ce discours pourrait rapidement devenir anxiogène, la Transition propose au contraire une vision volontairement optimiste pour bâtir un nouvel imaginaire. Comment ? En s’appuyant sur les initiatives locales développées à partir de petits territoires – village, ville moyenne, quartier -, échelles pourtant souvent considérées comme peu pertinentes pour faire face aux enjeux climatiques.

Par ailleurs, « les activités des groupes de transition sont plutôt orientées vers la formulation de propositions positives, élaborées de manière aussi inclusive que possible, et cette logique les incite à éviter de nommer des ennemis. Cette stratégie est évidemment discutée au sein même des Villes en transition, puisqu’elle est parfois difficilement tenable face à des projets urbanistiques aberrants, mais elle fait globalement consensus : les Villes en transition ne doivent pas apparaître comme une force de dénonciation permanente, mais plutôt comme une force de proposition constructive », résume Luc Semal.

D’un autre côté, il y a, parmi les mouvements ayant reconnu la gravité des catastrophes écologiques et la probabilité croissante et non-négligeable d’un effondrement, les mouvements dits « contestataires », ceux qui s’opposent, qui luttent, qui résistent : la décroissance, les anti-extractivistes, les luddites anti-technologistes, etc. Les objectifs sont les mêmes, mais les moyens sont très différents.

L’intégralité de cet article est disponible ici : http://www.barricade.be/spip.php?article531.

2 réflexions sur “ Quelles alliances stratégiques pour le mouvement de la transition ? ”

  1. Merci pour cet article très intéressant. Le mouvement des villes en transition a compris que seule l’action concrète compte, et qu’il ne sert à rien de lutter contre des moulins à vent ou de désigner de commodes bouc-émissaires qui évite à tout un chacun de prendre ses responsabilités.
    Les anglo-saxons sont beaucoup plus enclins à s’investir et entreprendre que ne le sont les français en particulier qui vont passer leur temps en réunions, forums, tables rondes etc etc au détriment d’actions véritablement constructives.
    Beaucoup d’articles et ouvrages sur la question. A lire absolument « les Bâtisseurs d’Utopie » d’Emmanuel-Yves Monin qui analyse bien le phénomène.

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