Les dîner locavores du 18e pour une autre agriculture en Ile-de-France

20081002amapinsideAvec le premier diner locavore au Point Bar dans le 18e* organisé par Marché sur l’Eau, la coopérative alimentaire l’Indépendante et Quartiers en Transition samedi 2 février, l’objectif est de lancer un cycle de rendez-vous mensuel autour de ce projet, basé sur la découverte des produits locaux franciliens et d’une manière plus large,  de l’agriculture en générale avec les questions liées au modèle agricole, à la relocalisation, à la biodiversité mais aussi évidement à l’alimentation.

C’est l’idée de cette initiative écologique et conviviale qui à sa manière, souhaite encourager la production locale et le partage plus juste des ressources nourricières avec le reste du monde. Le magazine Terre Sauvage dans un hors série (février 2013 – 6,95€) intitulé « Les nouveaux paysans réinventent l’agriculture » a réalisé un dossier très complet que nous vous proposons de découvrir ici à travers les 8 Fiches Terre Sauvage : Territoires et paysages, foncier agricole, distribution, biodiversité sauvage et domestiques…

Car les enjeux agricoles et alimentaires sont donc une des clés qui détermineront l’avenir de la planète au moment où débute le 21ème siècle. Clé sociale mais aussi environnementale et économique à l’heure où des pays ont entamé un terrifiant monopole à l’échelle planétaire pour s’accaparer les terres nourricières de certains États  au détriment des populations locales. Cet exemple illustre à lui seul l’un des sujets de préoccupations majeures pour les années à venir : l’artificialisation des terres et en toile de fond, le foncier disponible.

7,40% de surface agricole en moins en Ile-de-France en 25 ans

Ainsi, la France a enregistré en quasiment un demi-siècle, depuis les années 50, une perte sèche de 5,3 millions d’hectares de terres agricoles. De son côté, l’Ile-de-France a en 25 ans vu disparaître 7,40 % de sa surface agricole (voir le site de Terre de Liens IdF). En cause : l’extension des villes et la construction d’infrastructures à l’utilité plus que contestable (derniers exemples en date, le projet aberrant d’aéroport à Notre-dame-des-Landes dans l’Ouest de la France ou encore le projet de gigantesque hypermarché Auchan sur le triangle de Gonesse dans le Val d’Oise), en un mot l’étalement urbain incontrôlé sur fond d’alibi économique : la croissance.

Cette idéologie qu’aucun parti au pouvoir ne souhaite remettre en cause est pourtant directement responsable d’un cataclysme dont on mesure les conséquences sur l’agriculture. Le culte du toujours plus et de la rentabilité a touché de plein fouet ce secteur dans les années 60 avec la trop fameuse révolution verte qui a bouleversé le modèle agricole à l’échelle mondiale : mécanisation à marche forcée, recours au pesticides, développement des grandes exploitations et de la monoculture… près d’un demi-siècle plus tard, nos paysages, notre environnement et notre alimentation ont été profondément bouleversés. Et que dire des paysans eux mêmes dont le métier s’est radicalement transformé au point qu’on parle aujourd’hui d’exploitant agricole plutôt précisément que de paysans. ainsi, rien qu’entre 2000 et 2010, une ferme sur quatre 4 a disparu en France, notre pays étant l’un des champions en Europe en terme de concentration de grande exploitations, après la Hollande. Le territoire francilien n’échappe à cette règle puisque 50 % des fermes ont disparu en 20 ans, conséquence indéniable de la multiplication des grandes exploitations couplée à l’urbanisation.

Des lobbies et des décideurs politiques privilégiant les profits au détriment de la vie

A côté du foncier agricole, l’autre question majeure est bien entendue l’environnement et la santé. Les dégâts causés par l’agriculture intensive et son cortège de pesticides et autres intrants chimiques agroforesteriene sont plus à prouver : pollution des sols, atteintes irréversibles à la biodiversité, multiplication des cancers chez l’Homme… Face à ce modèle, le retour à une agriculture paysanne biologique ne devrait même plus se discuter. Ce n’est malheureusement pas le cas et la récente orientation prise par la commission agricole européenne dans le cadre de la  révision de la PAC 2013 montre que les lobbies et les décideurs politiques restent fidèles à eux-mêmes, privilégiant les profits au détriment de la vie. On relève ainsi  que nos députés européens ont ni plus ni moins exclu les aides supplémentaires pour les agriculteurs bio qui souhaiteraient développer une agriculture de proximité, notamment près des grandes villes.

Pourtant, en France, au moment du tristement célèbre Grenelle de l’Environnement, nos responsable politiques avaient fait assaut de grandes déclarations sur l’agriculture biologique. On avait même assigné à celle-ci un objectif : atteindre en 2012, 6% de la Surface Agricole Utile et en 2020, 20%. Or, début 2012, on atteignait péniblement les 3,5%… et  1,8% sur le territoire francilien. Un constat accablant alors que les atouts de l’agriculture biologique et de ses déclinaisons, telle l’agro-écologie ont montré leur capacité à répondre non seulement aux défis alimentaires mais aussi environnementaux.

Manger local et de saison, le retour à la raison

Autre conséquence de l’agriculture intensive  : l’uniformisation de notre alimentation et la déconnexion de la relation entre producteurs et consommateurs. Résultat, nous mangeons aujourd’hui des fraises en hiver et les enfants vivant dans les grands centres urbains pensent que les petits pois poussent dans les boites de conserve… La mondialisation des échanges agricoles  qui rend aujourd’hui possible la consommation de n’importe quel produit en toute saison est pourtant loin d’être un progrès. Non seulement  celle-ci est responsable de la disparition de centaines de variétés d’espèces légumineuses notamment mais elle contribue, avec l’acheminement par avions et camions des denrées alimentaires depuis l’autre bout de la planète, à un accroissement gigantesque de CO2 ne faisant qu’accroitre le réchauffement climatique.

Dès lors, la relocalisation de la production apparait comme une nécessité vitale non seulement pour préserver le climat mais aussi pour réapprendre à se nourrir autrement, à partir de produits de saison. Ce retour à une agriculture plus locale, symbolisé notamment par les AMAP, a une autre vertu : recréer le lien cassé entre paysan et consommateur en retrouvant la proximité et la convivialité. Nous sommes là au cœur de la notion de circuit court qui permet comme on peut le lire dans l’une des fiches du supplément de Terre Sauvage de février 2013 de « relancer les économies locales et les liens entre leurs acteurs, en revivifiant des territoires entiers, en redonnant un sens à l’acte de produire comme à celui de consommer« .

imageLP_agriculture_biologiqueEn résumé, manger local et de saison, c’est la proposition que nous faisons avec les dîner locavores du 18e pour :
-Garantir l’autonomie alimentaire, préserver les terres nourricières et l’activité des paysans à côté de chez soi
-sauvegarder la biodiversité agricole et la spécificité des terroirs
-Encourager une économie locale et créer des emplois qui ont du sens
-Réduire le transport des produits et minimiser les changements climatiques
-Participer à une répartition équitable des richesses
-Favoriser la qualité alimentaire et vivre en bonne santé

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