L’agriculture urbaine part à la conquête de la ville et s’expose à Paris

Deux expositions proposées par la Mairie de Paris viennent opportunément rappeler le rôle que sera sans doute appelé à jouer dans les prochaines années, l’agriculture urbaine. Un thème dont ce blog s’en fait souvent l’écho et qui est évidemment l’un des axes majeurs de la réflexion du mouvement des villes en transition.

A l’heure où l’épuisement des énergies fossiles et en premier lieu du pétrole nécessite en effet de repenser notre économie en général et la question des transports en particulier, le développement de l’agriculture urbaine constitue une piste essentielle pour imaginer de nouvelles formes d’alimentation en ville.

La Maire-adjointe de paris Fabienne Giboudeau ne dit d’ailleurs pas autre chose (voir la dépêche AFP ci-dessous) quand elle évoque l’avenir face à la crise et au risque de pénurie de pétrole en s’interrogeant  : « Aujourd’hui on parle du grand Paris et surtout du volet transports et économique, c’est bien, mais quid de la façon dont on va s’alimenter ?« .

La première exposition a été inaugurée il y a quelques jour dans le parc de Bercy dans le 12ème arrdt et s’intitule Carott City. Cette exposition, qui a déjà parcourue plusieurs villes dans le monde, est consacrée à l’agriculture citadine vue à travers des exemples en provenance de la planète entière : Berlin, Toronto, New York, Detroit ou Chicago ou encore des serres urbaines perchées canadiennes fournissant directement des restaurants situés au rez-de-chaussée, voici quelques-unes des réalisations que le public pourra découvrir jusqu’au 30 septembre à travers un parcours regroupant plusieurs dizaines de panneaux.

Dans le même temps, plus à l’Ouest cette fois, l’exposition « Savez-vous planter des choux ? » présentée au Parc de Bagatelle dans le 16ème arrdt dresse un large panorama de l’agriculture urbaine en proposant de mener une réflexion sur l’avenir de l’alimentation en ville.
On peut ainsi y retrouver hommage au passé maraicher de l’Île-de-France, une activité florissante au 19e siècle, à une époque où la population parisienne était de plus en plus importante. Les cerises de Montmorency, les pêchers de Montreuil, les salades du Pecq et les asperges d’Argenteuil ont eu leur heure de gloire.Ces producteurs qui s’étaient installés près de Paris pour profiter de la fertilité des marais et être au plus près des consommateurs, se sont éloignés avec le temps, chassés par l’urbanisation et le développement des transports. Mais ils perpétuent encore cette tradition. En 1965, il y avait encore 3 000 maraîchers en Ile-de-France. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 300. Les Halles ont disparu au profit de Rungis qui est devenu un grand marché international et les produits arrivent du monde entier.
« Savez-vous planter des choux ? »  propose un riche programme avec plusieurs axes :

Dans la cour circulaire la pomme de terre et Parmentier sont à l’honneur.
Sur la terrasse côté Seine, ce sont les légumes d’Ile-de-France et dans la cour d’honneur les arbres fruitiers.
Dans le potager, les espèces franciliennes sont mises en scène. Gestes, astuces, proverbes illustrent les cultures traditionnelles, le rythme des saisons et les savoir-faire ancestraux.
Dans le Trianon, le parcours retrace l’histoire des maraichers d’Ile-de-France et de l’approvisionnement de la capitale. Petits métiers, atmosphère des Halles disparues sont restituées grâce à des photographies et les fonds exceptionnels de l’éco-musée de la Courneuve.
Dans la galerie côté Seine, « De la fourche à la fourchette » présente une exposition de photographies sur le lien étroit entre un outil et un légume, des portraits de producteurs d’Ile-de-France en activité et une galerie photo de légumes oubliés.

AFP/Des potagers commencent à pousser sur les toits de Paris

PARIS – Près du ciel, des salades, des carottes et des courgettes: les jardins urbains commencent timidement à pousser sur les toits de Paris, un phénomène récent qui suscite l’engouement des habitants avides de cultiver leurs légumes et le lien social.
Les jardins urbains sont au départ des projets sociaux ou associatifs, venus des USA, où les habitants se sont saisis de leur environnement et ont investi les toits de leur immeuble, ça pose la question des cycles courts et comment rapprocher l’agriculture des villes, explique à l’AFP Fabienne Giboudeaux, adjointe EELV en charge des Espaces Verts.
L’élue écologiste a inauguré le 21 juin au Parc de Bercy Carrot City, une exposition importée de Montréal témoignant de ces expériences inédites d’agriculture urbaine.

En Ile-de-France par exemple, 50% des surfaces sont agricoles mais 85% de celles-ci sont dédiées aux céréales et seulement 1% subvient aux Franciliens, rappelle Mme Giboudeaux. Elle ambitionne de créer 15 nouveaux jardins sur les toits de Paris d’ici 2020.

Paris en compte pour l’instant plus d’une soixantaine et la ville reçoit de plus en plus de demandes pour utiliser les toits, y mettre des bacs et cultiver des légumes, ajoute-t-elle. Le potager sur le toit le plus connu de Paris, et l’un des plus anciens, a pris racine sur un gymnase du XXe arrondissement. Des curieux du monde entier viennent y observer cressonnettes, plantes aromatiques et autres légumes plantés sur cette terrasse de 600m2.

« On est un jardin solidaire ouvert aussi aux habitants, des écoles du quartier viennent le mercredi, et une cinquantaine d’adultes viennent jardiner« , explique Valérie Navarre, animatrice du Jardin sur le toit. « On est là pour se faire plaisir et pour se faire du bien« , ajoute la jeune femme, au milieu de parterres de fleurs et de légumes qui égayent les façades des immeubles autour.
« Cela permet aussi aux gens de renouer des liens, on retrouve le rythme des saisons et avec la prise de conscience écologique, les habitants veulent être acteurs« , ajoute Mme Navarre.

Ce jardin accueillera bientôt des ruches et lancera début juillet un partenariat avec U-Farm, une micro-ferme urbaine. C’est un container transformé en champignonnière pour cultiver des pleurotes sur du marc de café qui pourrait donner 5 tonnes de pleurotes par an, explique la responsable.

Un peu plus loin, sur la petite ceinture ferroviaire de Paris laissée à l’abandon, un autre jardin urbain a éclos: les amis des jardins du Ruisseau dans le XVIIIe. « C’est un jardin autogéré qui reçoit plusieurs milliers de visiteurs par an« , raconte Cyril Michel, responsable de l’association. Dans cet endroit bucolique, chaque parcelle est cultivée de façon collective, explique ce passionné qui rappelle le plaisir de toucher la terre, d’être en contact avec la nature, qui manque cruellement dans une ville comme Paris, l’une des plus denses du monde. « Cela fait énormément de bien à la ville, recrée du lien et des gens qui ne se seraient jamais parlé se retrouvent ensemble« , insiste encore M. Michel.

De plus en plus d’habitants commencent aussi à se poser la question sur la façon de s’alimenter à l’avenir face à la crise et au risque de pénurie de pétrole. « Aujourd’hui on parle du grand Paris et surtout du volet transports et économique, c’est bien, mais quid de la façon dont on va s’alimenter ?« , interroge Mme Giboudeaux.

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