« Le manuel des jardiniers sans moyens », quand jardins partagés et agriculture urbaine s’inventent un futur commun

Les jardins partagés sont des lieux privilégiés de réflexions et de mise en pratique de la transition. Ils conjuguent en effet les aspects sociaux, économiques et environnementaux qui participent à la construction du paradigme du mouvement de la transition. A savoir la mise en œuvre de territoires (villes, régions…) résilients qui ont la capacité de supporter des chocs et des tensions extérieurs sans perturbation significative. Caractéristiques principales de ces territoires : pouvoir résister aux crises climatiques futures et faire émerger une société de l’après pétrole.

Autour de ces deux axes s’agrègent nombre d’alternatives concrètes locales dont précisément les jardins partagés :  espace de nature et de culture, facteur d’échanges et d’expériences, ce sont des terrains d’expérimentations multiples qui participent, entre autres, à la renaissance d’une forme d’agriculture urbaine tout en favorisant la préservation de la biodiversité.

Certes, difficile, notamment dans des grandes villes comme Paris, de pouvoir prétendre aujourd’hui faire avec les jardins partagés, des lieux agricultures vivrière. Leur faible surface ne permet pas en effet de cultiver de grandes quantités de fruits et de légumes. Mais la réflexion qui se construit autour de la question alimentaire dans ces espaces communautaires est essentielle car étant à la fois facteur de sensibilisation (pour rappel, une région comme l’Île-de-France n’a guère que trois jours d’autonomie alimentaire) mais aussi de mise en œuvre d’actions complémentaires pour s’affranchir de l’approvisionnement de denrées venant du bout du monde ou de l’Europe. Ainsi bien souvent, les membres d’un jardin partagé sont aussi inscrits dans une AMAP ou choisissent (à l’image de l’AMAP Homme de Terre dans le 18ème qui a vu le jour dans la foulée du jardin partagé Baudélire) d’en créer une pour soutenir l’agriculture paysanne de proximité.

Les champs du possible des jardins partagés

Jardins partagés et agriculture urbaine s’inventent donc un destin commun et des nouveaux horizons dans des villes comme Paris où cette question semblait reléguée dans les oubliettes de l’Histoire, alors qu’au début du 20ème, la capitale comptait encore 6% de sa surface dédiée aux cultures maraichères.

Symbole de ce nouvel engouement, une association du Nord Pas de Calais, les Anges-Gardins, a édité un petit livre, « Le manuel des jardiniers sans moyens«  (consultable en ligne ici) où la culture de fruits et légumes, en ville, apparaît comme étant tout sauf une utopie. A l’origine du projet de cette structure, le fait, comme il est écrit sur le site, que « Nous vivons dans une partie du Monde marquée par la profusion alimentaire. Pour autant, des inégalités sanitaires face aux pathologies liées à l’alimentation se sont établies« . Les Anges Gardins se sont donc « rendus compte que  vouloir combattre cette « fracture alimentaire » uniquement dans sa dimension fonctionnelle – la santé – était peu efficace ». Et ont du coup « considéré l’enjeu alimentaire comme un vecteur intéressant de la conscience sociale : « Faire société dans l’altérité ».« .

A l’arrivé, cette association a donc choisi de proposer des stages et des outils pour permettre à chacunE de produire à son échelle, des fruits et des légume mais également pour réfléchir et faire réfléchir autour de l’enjeu alimentaire. « Le manuel du jardinier sans moyens » est de ce point de vue une belle réussite, pédagogique et facile à appréhender et surtout, ouvre des perspectives en terme d’occupation de l’espace et de champs du possible, dans une cité comme Paris, jusque là insoupçonné.

Un potager en carré version mouchoir de poche

Divisé en trois chapitres, « Jardiner peu mais efficace » ; « Les douze légumes faciles à réussir, nourrissants et vitaminé » et « Entretenir et soigner le potage« , ce petit livre également téléchargeable gratuitement sur le site de l’association, fourmille de conseils et d’exemples, à l’image de la construction d’un potager en carré version mouchoir de poche d’un tout petit peu plus d’un mètre carré. Le chapitre sur les douze légumes est formidablement pratique et documenté, avec des conseils des semis, d’entretien pour récolter chou, salade, poireau, pommes de terres et autres haricots en bas de chez soi.

Un ouvrage à mettre entre toutes les mains, qui s’inscrit dans la philosophie des jardins partagés et qui démontre plus généralement que les alternatives concrètes locales sont belles et bien à la base du mouvement de la transition.

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