Convergence entre la transition, les mouvements contre l’extractivisme et les communautés indiennes sud-américaines

Le 10 mars dernier, plusieurs associations et collectifs (Ecobox, « Non au gaz et pétrole de schiste », Relocalisons!, L’Indépendante, Parole de nature…) travaillant autour du mouvement de la transition avaient rencontré José Gualinga, Tayak Apu (Président) du Peuple Kichwa de Sarayaku à l’occasion de son passage en France. A cette occasion, était ressortie l’idée de construire sur du long terme des liens et des relations autour de luttes et d’objectifs qui convergent pour préserver nos biens communs et éviter leur marchandisation. Le tout avec en toile de fond, le mouvement de la transition et ses implications en terme énergétique, environnemental, alimentaire, agricole, démocratique, économique, sociale….

José Gualinga avait indiqué que ce qui faisait le ciment de nos initiatives, de nos collectifs et de la lutte des Sarayaku et des peuples indigènes en général (à l’image de la déclaration de Lima en novembre 2010), c’était la volonté de passer à l’action et d’expérimenter de nouvelles pratiques et alternatives. Après cette première rencontre, la réflexion suit son cours avec l’idée de travailler autour de l’axe suivant : articuler les luttes contre l’extractivisme avec les initiatives alternatives, avec en toile de fond, le mouvement de la transition comme support à notre réflexion. 

Quartiers en Transition y reviendra rapidement, en attendant, et pour évoquer à la fois l’extractivisme mais aussi la décroissance en Amérique latine et les combats socio-environnementaux, qui constitueraient donc une partie de la réflexion que nous nous proposons d’engager, on pourra lire l’article d’Anna Bednik, journaliste et coordinatrice du collectif ALDEAH, publié dans la revue Entropia  à l’occasion du n°« Contre-pouvoirs et décroissance », sorti à l’automne 2010. A signaler que lundi 9 avril, au Shakirai, 72 rue Riquet dans le 18ème, une journée entière intitulée « Le peuple face à l’économie d’extraction » sera consacrée à cette thématique avec des débats et des projections à l’initiative du collectif Pico y Pala. Tout le programme ici.

Dans son texte intitulé « Décroissances en Amérique latine« , Anna Bednik s’interroge elle notamment sur la façon d’appréhender la décroissance dans les pays du Sud et particulièrement en Amérique latine. La journaliste s’appuie pour cette analyse sur plusieurs exemples concrets de luttes sociales et environnementales en Colombie, au Pérou ou en Équateur. En conclusion de cet article, Anna Bednik esquisse les relations que pourraient avoir les objecteurs de croissance au Nord et les mouvements socio-environnementaux au Sud :

« Il n’existe pas, ou très peu, de connexions entre les objecteurs de croissance au Nord et les mouvements socio-environnementaux au Sud. Probablement avec raison, si l’on s’arrête à la différence des contextes et au souci de ne pas créer de liens artificiels et « délocalisés ». Pourtant, non seulement les uns comme les autres s’opposent – en utilisant leurs propres langages – à la centralité de l’économie dans la vie, mais aussi, leurs engagements apparaissent comme complémentaires: si les pratiques de la décroissance cherchent à réduire l’impact des activités humaines sur la nature en agissant principalement sur la consommation, les mouvements socio-environnementaux interviennent en amont de la production, et, sans se projeter dans un avenir où les ressources naturelles seront épuisées, luttent pour empêcher la destruction que provoque l’exploitation de ces ressources ici et maintenant.

L’existence de liens entre les menaces qui motivent ces luttes au Sud et les choix de consommation au Nord pourrait donner lieu à réfléchir sur des articulations concrètes. Mais aussi, même sans,envisager la mise en oeuvre d’actions concertées, la connaissance et la reconnaissance mutuelle de ceux qui, aux deux bouts de la chaîne, entravent les rouages d’un même système en refusant de jouer les rôles que ce système leur attribue, pourraient renforcer les uns comme les autres, tout en,contribuant au changement – lent et modeste, mais aussi probablement le seul véritable changement possible car il s’attaque aux constructions mentales – qui s’opère, au Nord comme au Sud, dans la manière de concevoir la vie. »

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