Après le Manuel de la Transition, sortie d’un nouveau livre de Rob Hopkins. Interview dans S!lence

La revue S!lence de février (n°398) consacrait un dossier d’une quinzaine de pages au mouvement de la transition. Un sujet régulièrement traité par cet excellent média à l’image de son hors série anniversaire Spécial 30 ans à paraître le 8 mars prochain que nous évoquions récemment dans cet article. En attendant, ce numéro de février dressait un panorama assez complet de la transition avec notamment une longue interview de l’un des animateurs et fondateurs de ce mouvement, Rob Hopkins. Le magazine propose ensuite un voyage en Europe à travers quelques exemples : le vergers conservatoire de Soumagne et la ville de Ath en Belgique, les initiatives multiples dans les Pyrénées-atlantiques, la transition énergétique à Mené en Bretagne et un reportage sur Marché sur l’Eau à Paris que Quartiers en Transition suit particulièrement.

Pièce centrale de ce dossier, l’entretient réalisé avec Rob Hopkins  à l’occasion de la sortie prochaine d’un nouveau livre (dont la traduction en français est en cours) qu’il a coordonnée, livre présentant les expériences et les initiatives en cours à travers le monde. Il constate ainsi, sept ans après émergence du mouvement de la transition en 2005, que « les gens se sentent démunis pour lancer ce genre d’initiative. Ils pensent manquer de bons outils, de bonnes ressources. Dès lors poursuit-il, une grande partie de notre travail consiste à mettre en contact différents groupes pour qu’ils puissent se raconter leur histoire, partager leurs ressources et les outils qu’ils ont développés« . Les questions du rapport à l’argent et aux acteurs politiques  sont aussi apparues, toutes deux pouvant être vues comme des obstacles. Comment impliquer les élus locaux, le manque de financement peut il empêcher l’éclosion d’une initiative, autant d’interrogations qui lui  font dire « que la transition est une grande expérience et que personne ne sait comment il faut faire. S’y impliquer conclu t-il, c’est donc accepter une invitation à prendre part à une expérience historique« .

« Mettre des ressources en libre service »

D’autres questionnement apparaissent, notamment le caractère « entre soi » du mouvement qui fait que ce dernier rencontre des difficultés à s’ouvrir à l’ensemble des classes sociales. Pour Rob Hopkins, « « A ce stade initial, il est inévitable je crois de se retrouver avec des blancs issus de la classe moyenne. Il est très important d’être déterminés à ne pas en rester là. La volonté est de faire entrer la diversité et l’esprit d’inclusion […] et de ne pas rester assis à attendre que tout le monde vous rejoigne ». Il cite l’exemple de Tootning en transition à Londres qui «  a fait un travail étonnant travaillant avec différentes communautés religieuses… Ils font chaque année une fête qui s’appelle Foodeval. Dans les boutiques de la grande rue locale, l’idée même d’alimentation locale paraît ridicule : tous les produits proviennent du sous continent indien. Foodeval fait venir les jardiniers ou les maraîchers locaux pour qu’ils apportent tous leur surplus à la grande rue où ils sont cuisinés par des chefs de diverses traditions locales indiennes et pakistanaises. Cela créée un pont entre la nourriture locale et la culture locale ».

C’est de ces observations qu’est née l’idée, après le « « Manuel de transition »  d’écrire un nouveau livre  » Le guide de la transition –Rendre votre communauté plus résiliente dans ces temps troublés « . Le fil conducteur de l’ouvrage « est de mettre des ressources en libre service. Aux gens, – explique R. Hopkins -, n’importe où dans le monde d’y puiser pour l’expérimenter et se l’approprier. […] Il y a des milliers d’initiatives de par le monde et ce que nous avons fait, avec ce nouveau livre, c’est d’aller voir tous ces gens pour leur demander :  » Qu’avez-vous appris, quelle est votre expérience ? Qu’est ce qui marche ? Qu’est-ce qui ne marche pas ? Qu’est-ce qui bloque ? Quelles solutions trouvez-vous ? Racontez nous « . Ce livre a donc été un processus profondément coopératif ».
A l’arrivée, explique Rob Hopkins, il ressort de ces entretiens que chaque initiative et démarche de transition est passées par cinq stade différents : le démarrage, l’approfondissement, la création de liens, la construction et le rêve, en se projetant dans l’avenir. «Un peu partout dans le monde, conclu R. Hopkins, on voit que des solutions pour contourner les obstacles sont en train de prendre corps… de façon coopérative… dans 34 pays actuellement

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