Création de Terre de Liens Ile-de-France : les terres agricoles franciliennes, une ressource à préserver

A l’heure où de graves menaces pèsent sur les terres agricoles franciliennes (artificialisation des sols galopante, pollution des terres…) comme le montre un rapport du Conseil d’analyse stratégique , la création de l’association régionale Terre de Liens Ile-de-France est une véritable bouffée d’oxygène. La naissance officielle sera proclamée à l’issue d’une Assemblée générale qui se tiendra le jeudi 3 novembre de 18h à 23h à la mairie du 14ème dont le programme est disponible ici : AG Terre de Liens Ile-de-France     

Terre de Liens est à la fois une association nationale mais aussi une foncière qui accompagne des porteurs de projet pour l’accès au foncier en milieu rural et périurbain. Elle concourt ainsi à la création d’activités écologiquement responsables et socialement solidaires en soutenant les usages de la terre qui la protègent et la mettent en valeur ainsi que l’installation et le maintien d’activités pérennes ; en favorisant le lien et la solidarité entre acteurs ainsi qu’une gestion collective du territoire.

La création de Terre de Liens Ile-de-France intervient au moment où un rapport du Conseil d’analyse stratégique rend public les effets négatifs des cadeaux fiscaux sur la biodiversité. Ce document  (à télécharger ici : Conseil d’analyse stratégique) vise à mesurer l’impact des subventions publiques sur l’environnement et la biodiversité. Selon ce rapport sorti le 21 octobre, « les aides publiques peuvent contribuer à trois formes de destruction des habitats jugées préoccupantes en France : l’artificialisation, la semi-artificialisation et la fragmentation« . Ainsi, notent les sauteurs, « l’artificialisation est une tendance lourde (21 000 km² depuis 1990), principalement du fait de  zones urbaines discontinues et des zones industrielles et commerciales, au détriment des terres agricoles. Un ensemble d’aides publiques contribue à l’étalement urbain et l’éloignement des zones d’activité en influençant les choix individuels ou certains déterminants politiques sur les activités économiques ».

Autre conséquence de ces aides publiques décidées sans imaginer les effets collatéraux sur l’environnement : « Le groupe a identifié des aides publiques pouvant favoriser, sous certaines conditions,des pratiques qui réduisent les fonctions naturelles des habitats agricoles, notamment par des incitations à l’intensification ou au maintien de cultures intensives (aides influant sur le prix des facteurs de production) et à la simplification des paysages  (aides déterminant le maintien ou non d’éléments semi-naturels tels que haies, bosquets, mares, et le choix des cultures)« .

Autant de facteurs aggravants pour des terres  agricoles franciliennes qui sont rappelés et détaillés de manière extrêmement pertinente dans la Présentation du projet stratégique Terre de Liens Ile-de-France. Dans l’introduction de ce document (téléchargeable ici : Projet strategique Terre de liens IDF), la situation francilienne est ainsi décrite :

L’Ile-de-France est à la fois une région très peuplée où réside près de 20 % de la population française et une région agricole importante dominée par les grandes cultures mais accusant un retard certain en matière d’agriculture biologique. Les pressions foncières sur les terres agricoles y sont fortes et l’étalement urbain est une menace prise de plus en plus au sérieux. Le projet stratégique de Terre de Liens Ile-de-France est marqué par ces spécificités de la région Ile-de-France et notamment par :

– la part de la population francilienne habitant en zone urbaine densifiée sans contact direct avec « la campagne ». La sensibilisation des franciliens aux questions agricoles est un enjeu important pour les amener à s’intéresser au devenir de terres parfois situées à quelques kilomètres de chez eux ;

– l’importance dans l’agriculture francilienne des grandes cultures – particulièrement céréalières – exploitées de façon conventionnelle permettra à Terre de Liens (seul ou avec ses partenaires opérationnels que sont les AMAP IdF et le GAB IdF) de jouer un rôle moteur dans la promotion d’une agriculture non polluante, favorisant la biodiversité, sur de petites et moyennes surfaces ;

– l’acquisition de fermes par la Foncière Terre de Liens en Ile-de-France aura un double rôle pédagogique : à savoir, tisser très concrètement des liens entre les citadins et le monde rural ; montrer aux autres agriculteurs d’Ile-de-France qu’un autre modèle agricole est possible, rentable et désirable ;

– la réelle menace que fait peser l’étalement urbain sur les terres agricoles nécessite de pouvoir peser sur les règles d’urbanisme qui, en Ile-de-France, sont établies au plus haut niveau administratif : au niveau du conseil régional pour le schéma directeur régional s’imposant aux autres documents d’urbanisme de niveaux inférieurs, au niveau de l’Etat qui a souvent le dernier mot dans la « région-capitale », avec par exemple les Opérations d’Intérêt National et la loi sur le Grand Paris ;

– la bonne déclinaison locale des règles d’urbanisme régionale où Terre de Liens Ile-de-France aura besoin de s’appuyer sur une base adhérente large et diversifiée géographiquement et de proposer aux collectivités territoriales des partenariats mettant en valeur sa bonne connaissance de l’agriculture ainsi que sa capacité à mobiliser la participation citoyenne à la gestion de la terre.

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