Dixhuitinfo.com : « Vers la transition écologique du 18ème arrondissement »

Visite du jardin Ecobox. Au coeur de Quartier en transition, le principe de résilience : la capacité d’un territoire à surmonter les crises ou à se reconstituer après un traumatisme, qu’il soit écologique, économique ou social.

Quartiers en Transition a vu le jour au début de l’année 2011. Notre volonté est d’agir avec les habitantEs d’un territoire en travaillant sur les questions liées au changement climatique et au pic pétrolier avec leurs profondes conséquences sur notre mode de vie, notre économie, nos usages quotidiens (transport, alimentation, énergie…). Dans une interview au site Dixhuitinfo.com, nous revenons longuement sur notre démarche, ses objectifs et les actions et initiatives que nous souhaitons engager dans le 18ème arrondissement.

Vous pourrez lire ci-dessous l’intégralité de cette interview en attendant de vous retrouver dimanche 9 octobre dans le 18ème, entre le jardin partagé  Ecobox et la péniche Antipode pour une journée autour de l’alimentation et de l’énergie en Ile-de-France. 

Ce nouveau rendez-vous, organisé avec la Mairie de Paris dans le cadre des Journées Parisiennes de l’Energie et du Climat et auquel est associé Quartiers en Transition sera rythmé en trois temps, avec des ateliers pratiques à Ecobox, un débat sur la péniche Antipode autour du thème « Produire et se nourrir en Ile-de-France : un enjeu pour l’avenir »  et enfin la projection du film « Power of comunity – How Cuba Survived Peak Oil » de Faith Morgan. Le programme détaillé sera en ligne d’ici quelques jours sur ce blog.

DixHuitInfo.com : « Vers la transition écologique du 18ème arrondissement » 

Dixhuitinfo : Quels sont les objectifs de Quartiers en transition ?

Quartiers en Transition a vu le jour au début de l’année 2011 dans le 18ème. Cet arrondissement est en effet , à travers ses spécificités urbaines et sa population,  un terrain intéressant pour initier une réflexion locale sur cette question. Ce parti pris de raisonner à l’échelle du quartier est de notre point de vue, plus adapté pour mettre en œuvre des initiatives liées à la démarche de transition. Un quartier ou un arrondissement parisien correspond en effet souvent à des villes de tailles moyennes, voir dans le cas du 18ème à des grandes villes puisque nous sommes près de 200.000 habitants. Cela représente donc déjà un territoire important tant en terme spatial qu’en terme de population pour travailler sur la problématique de la transition, d’où la volonté de se concentrer à ce niveau sans chercher à englober l’ensemble de Paris.

Après le lancement du blog en janvier 2011 et des prises de contact via différents réseaux sociaux sur Internet, nous avons très vite formé un petit groupe d’habitants du 18ème, souvent impliqués dans des associations locales (AMAP, jardins partagés…) qui, de près ou de loin, ont un lien avec les initiatives de transition.

Afin de donner rapidement de la visibilité à notre projet, nous avons organisé un premier évènement sur trois jours dès le mois de mai consacré à la double thématique « alimentation et agriculture ». Le hasard fait que parmi les personnes qui se sont retrouvées dans cette aventure, certaines sont membres d’Ecobox, une association qui gère le jardin partagé du même nom du côté de la Chapelle. C’est un endroit fabuleux où certains principes de la transition sont appliqués concrètement ou sont en gestation dans les activités quotidiennes liées au jardin.
Du coup, nous avons décidé de tenir ces première journées de « Quartiers en transition » à Ecobox et avons baptisé le tout « L’Appel de la Chapelle ». Ce lieu est donc un peu le berceau où a éclos véritablement Quartiers en Transition mais pour autant, nous souhaitons aussi travailler sur d’autres parties du 18ème, que ce soit du côté de Joffrin-Clignancourt ou plus au à l’Ouest vers Guy Moquet ou encore la porte de St-Ouen par exemple.

Dixhuitinfo : Pourquoi avez-vous créé Quartiers en transition ? A partir de quel constat ? De quels besoins locaux ?
L’association Quartiers en transition s’inspire du Mouvement de Transition initié en Grande-Bretagne en 2006 à Totnes.
Nous souhaitons avec les habitantEs d’un territoire, en l’occurrence le 18ème, travailler sur les questions liées au changement climatique et au pic pétrolier qui sont à la base de la réflexion lancée par Rob Hopkins (l’initiateur de ce mouvement) avec leurs profondes conséquences sur notre mode de vie, notre économie, nos usages quotidiens (transport, alimentation, énergie…).

En créant Quartiers en Transition, l’objectif est double. D’abord, montrer que les bouleversements liés au réchauffement de la planète et à l’épuisement des énergies fossiles que nous nous apprêtons à connaître auront des conséquences à court ou moyen terme dans notre vie de tous les jours. Certes, depuis une dizaine d’années, la question écologique a sensiblement progressé au sein de la population et la prise de conscience est bien plus importante qu’elle ne l’était au début des années 90. Cependant, si chacun sait aujourd’hui que le monde ne sera plus jamais comme avant, beaucoup imagine que l’impact dans son quotidien ne sera que limité voir nul.
Avec Quartiers en Transition, nous voulons donc montrer que contrairement à ce que l’on peut croire, les conséquences seront bien réelles et toucheront tout le monde, sans exception.

« La transition est une vision optimiste, presque poétique de l’avenir« 

Le jardin Ecobox a donné ses premiers kilos de miel il y a quelques semaines. Quelles sont les solutions pour une alimentation locale dans le 18e ?

Il faut donc, et c’est là le second objectif de notre association, anticiper en réfléchissant à la manière d’affronter ces crises environnementales mais aussi sociales et économiques qui se préparent et que, dans certaines proportions, nous vivons déjà. Le tout, sans catastrophisme, car la transition est une vision optimiste, presque poétique pourrait on dire, et surtout porteuse de solutions pour l’avenir. C’est le cœur de ce projet dont l’objectif à terme vise à mettre en pratique le principe de la résilience, c’est-à-dire la capacité d’un territoire à surmonter les crises ou à se reconstituer après un traumatisme, qu’il soit écologique, économique ou social.

Comme n’importe quel autre lieu sur cette planète, le 18ème arrondissement et ses habitants sont donc sujets à subir les crises futures. Dès lors, initier une démarche de transition ici nous a semblé intéressant, d’autant plus que l’on ne pense pas au premier abord que celle-ci soit applicable sur ce type de territoire.
Ainsi, le discours sur l’autonomie alimentaire porter par le mouvement des villes en transition peut sembler difficile à développer au regard de l’urbanisation qui nous entoure.
Pourtant, sans rendre le 18ème totalement autosuffisant en alimentation, il existe quantité de pistes à explorer pour permettre à nos quartiers de ne pas être dépendants de produits importés depuis l’autre bout de la planète.
C’est cela que nous souhaitons montrer mais aussi et surtout, construire avec la population de nouvelles alternatives en nous appuyant sur les compétences individuelles et collectives ainsi que sur les initiatives existantes ou en suscitant des vocations ou des projets.

Dixhuitinfo : Comparé à d’autres arrondissements, comment se situe le 18e arrondissement en terme d’initiatives citoyennes pour faire face au changement climatique ?

Le 18ème regorge d’initiatives qui sans être forcément connectées entre-elle, sont des petits bouts d’utopies concrètes qui nous aident à imaginer ce que serait un quartier post pétrole et résistant aux crises écologiques.
Ainsi, nous parlions à l’instant du jardin partagé Ecobox avec lequel nous avons déjà organisé plusieurs évènements. Celui-ci accueille en son sein de petites parcelles de potagers urbains et est aussi une AMAP qui chaque semaine distribue des paniers de fruits et légumes à ses adhérents. On y trouve également une ruche qui a donnée ses premiers kilos de miel il y a quelques semaines et quantité d’autres d’initiatives s’inscrivant dans la démarche de transition (mise en place d’un composteur de quartier, recyclage et transformation de matériaux…).
La dynamique des jardins partagés est d’ailleurs bien réelle dans le 18ème, puisqu’outre Ecobox, on en compte pas moins de huit autres disséminés dans tout l’arrondissement dont certains comme Baudélire ont ouvert tout récemment, en 2011. Autant d’archipels de verdure et de liens sociaux où foisonnent donc quantité d’activités réinventant un autre rapport à la ville et surtout une nouvelle vision de la société.

Aux jardins partagés s’ajoutent d’autres lieux où germent de nouvelles expériences et qui constituent un terreau sur lequel la démarche de transition peut s’enraciner. C’est le cas des AMAP (cinq dans le 18ème), des espaces artistiques ou culturels à l’instar du Jardin d’Alice ou du Théâtre de Verre, des lieux de recyclages et de récupérations comme l’Interloque ou l’Atelier vélo du Ruisseau mais aussi des Centres d’animation ou de la régie de quartier La Chapelle.
On voit donc qu’il existe un réseau, informel et pas toujours réellement relié. Mais ce qui est important, c’est de constater que cette myriade d’initiatives peut aboutir à une forme de mobilisation collective ponctuelle ou plus structurée pour inventer un autre futur.

Dixhuitinfo : Les actions menées par l’association visent-elles à sensibiliser les citoyens ? Les élus ? Les deux ?
L’un des objectifs de Quartiers en Transition est en effet d’être un outil de sensibilisation et donc d’accélérateur de prise de conscience face aux conséquences du changement climatique et de l’épuisement du pétrole mais aussi de l’ensemble des énergies fossiles. Nous disons « accélérateur » car encore une fois, la prise de conscience citoyenne sur ces questions est aujourd’hui à peu près partagée par tous. Il n’en reste pas moins que la plupart des habitants des pays occidentaux considèrent que les bouleversements à venir ne les affecteront pas vraiment et que le progrès technologique les mettra à l’abri quoi qu’il arrive. Or, tout ceci est évidemment un leurre et surtout revient à dire que nous ne devons rien changer à notre mode de vie puisque nous ne somme pas concernés. Et au final, c’est donc toujours l‘autre côté de la planète, le sud, qui paiera le prix fort.

« Ce qui est bon pour notre quartier est bon pour notre planète »

En Juillet dernier, l’association s’était associée aux « Estivales de la permaculture » organisées par Brin de Paille à Ecobox. La permaculture est à la base du mouvement de transition. Prochain projet : la création d’une carte du 18e recensant les différentes actions en faveur de l’environnement.

La démarche de transition suit un raisonnement inverse, loin de ce syndrome nimby du repli sur soi. Elle encourage certes à la relocalisation de l’économie et à l’autonomie énergétique ou alimentaire mais en même temps, affirme sa conscience aigue du monde qui l’entoure. C’est l’exemple même de l’application du slogan écologiste, « du local au global », ce que nous pourrions aussi traduire par « ce qui est bon pour notre quartier est bon pour notre planète ».
C’est ce message, à la fois positif et volontaire que nous souhaitons promouvoir auprès des habitants du 18ème en les encourageant surtout à prendre des initiatives individuelles ou collectives. Pour cela, il faut leur donner à la fois les clefs pour comprendre mais aussi et surtout transmettre l’envie d’agir avec des actions concrètes qui impactent sur leur vie quotidienne. Le recyclage des déchets, le compostage urbain, une autre façon de se nourrir sont autant d’exemples faciles à comprendre et à mettre en œuvre.

Notre travail ne différencie pas la population de ses représentants politiques. Reste qu’évidemment, il est important que ces derniers soient convaincus de notre démarche ou de certains de ses aspects. Dans notre système actuel, il est en effet difficile d’imaginer changer le monde sans que les élus n’agissent à leur niveau. Car ce sont bien eux qui mettent en œuvre les politiques publiques destinées à organiser notre société.
Pour autant, si le dialogue entre les élus et le mouvement de transition est indispensable, celui-ci doit préserver son autonomie qui permet de décliner concrètement des propositions et des initiatives, sur le terrain. Bien souvent, ce que reprochent les citoyens aux femmes et homme politiques, c’est leur éloignement des réalités quotidiennes, leur déconnexion avec ce que nous vivons tous les jours et nos besoins immédiats. Or, la force de la transition, c’est précisément de montrer qu’il est possible de mettre en œuvre des solutions rapidement, collectivement, sans passer nécessairement par le long et parfois tortueux processus de décision politique.
En d‘autres termes, la transition doit veiller à ne pas perdre son esprit d’auto-organisation tout en construisant des passerelles et des partenariats avec les élus locaux, lesquels ont la capacité de traduire dans les politiques publiques les aspirations de ce mouvement.

Dixhuitinfo : Début juillet, vous avez organisé, avec Brin de paille, le jardin partagé Ecobox et You Green You, les estivales de la permaculture. Qu’est-ce que la permaculture ?
Le 3 juillet, le jardin Ecobox a en effet accueilli les « Estivales de la permaculture ». Cette étape parisienne était l’une des 47 initiatives locales qui se déroulées dans toutes les régions de France. Organisé par l’association francophone de permaculture « Brin de paille », You Green You, Ecobox et Quartiers en Transition, ce rendez-vous était aussi une nouvelle occasion de présenter la démarche de transition. Car celle-ci est directement inspirée de la permaculture. Ce mode de pensée utilise l’écologie comme base pour concevoir des systèmes intégrés de production de nourriture, de logement, de production d’énergie et de développement social. Elle offre une approche pratique et créative face aux problèmes de la diminution des ressources et de la menace sur les supports de vie dans le monde.
C’est le biologiste de terrain australien Bill Mollison qui dans les années 70 a défini l’éthique et les techniques du mouvement.

Cultiver sans polluer, utiliser les interactions entre plantes pour les protéger des maladies, favoriser la vie du sol au lieu d’utiliser les engrais, participer à un cycle de l’eau sain et fonctionnel, vivre sans créer de déchets et en partageant les surplus, penser l’espace et l’organisation pour obtenir le plus grand résultat avec le moindre effort … voilà quelques pistes explorées par la permaculture et qui donc ont été présentées via des ateliers et ds conférences lors de cette journée du 3 juillet.

Dixhuitinfo : Concrètement, quelles actions peuvent être mises en place à l’échelle locale, par les citoyens, les entreprises, les élus, pour préparer la « transition » énergétique et de nos modes de vie ?
Comme nous l’avons vu précédemment, le 18ème abrite déjà en son sein quantité d’initiatives qui sont autant de convergences pour changer notre mode de vie et anticiper les chocs futurs. Eclosion des jardins partagés, ouvertures d‘AMAP, de ressourceries…, tout ceci est révélateur d’un mouvement de fond qui va sans doute prendre de l’ampleur dans l’avenir.

On assiste donc à une montée en puissance d’actions qui de près ou de loin, sans que leurs initiateurs en aient parfois conscience, s’inscrivent dans la démarche de transition. Sur ce point, nous souhaitons avec notre association, réfléchir à la création d’un réseau local de la transition qui donnerait de la visibilité à toutes ces initiatives et permettrait de fédérer ponctuellement celles-ci autour des questions du changement climatique et du pic pétrolier. Nous travaillons d’ailleurs actuellement à l’élaboration d’une « carte de la transition » qui localiserait aussi bien les AMAP que les jardins partagés ou encore les régies de quartiers, les espaces artistiques et culturelles… Cette outil, outre la localisation, permettrait aussi de savoir précisément ce que l’on propose dans chacun de ces lieux et comment participer à leurs activités.
Avec cette « carte de la transition », on peut imaginer aussi contribuer à faire émerger d’autres initiatives, collectives ou personnelles. Le plus difficile, au-delà de la prise de conscience, quand on parle de lutte contre le changement climatique et de pic pétrolier, est de faire comprendre aux gens qu’à leur niveau, ils peuvent agir. La plupart d’entre nous pensons qu’il est impossible de changer le monde à son échelle. Pourtant la somme des actions individuelles est souvent aussi efficace, sinon plus, que les grands sommets internationaux comme Copenhague qui sont devenus de véritables cirques médiatiques et politiques.

Favoriser l’agriculture périurbaine et biologique, basée sur des produits locaux  

Des framboises en plein 18ème, dans le jardin partagé d'Ecobox, impasse de La Chapelle

Ainsi, dans le 18ème, le simple geste de donner ses vêtements, meubles, appareils ménagers usagers à la Ressourcerie ou d’acheter dans cette structure associative, est une forme d’engagement en faveur de notre planète. C’est aussi une manière de résister à la société de consommation et au tout jetable. Ne pas se débarrasser d’un vêtement dont on ne veut plus mais le donner, ne pas céder systématiquement à la tentation d’acheter le dernier jean de marque qui aura été produit en Asie et parcouru des milliers de kilomètres, tout cela rentre dans le cercle vertueux de la transition.

S’approvisionner auprès des AMAP, même si cela reste relativement élevé pour les petits budgets, est un autre exemple d’action facile à réaliser pour les citoyens. Une action qui a un impact direct sur notre environnement mais aussi sur l’économie, en favorisant l’agriculture périurbaine et biologique, basée sur des produits locaux. Les champs du possible sont nombreux, on pourrait aussi parler de l’énergie et d’Enercoop, qui est une coopérative dont l’électricité est uniquement produite à partir d’énergies renouvelables. Ce fournisseur d’électricité représente une alternative bien réelle mais encore méconnue à EDF et au lobby nucléaire.

La mobilisation à l’échelle locale peut donc prendre des formes multiples, depuis les gestes quotidiens en passant par un investissement plus important dans un jardin partagé ou dans une association de consommation responsable par exemple. On peut aussi imaginer le développement de projets plus ambitieux comme celui de réfléchir à la création d’une monnaie locale qui est un excellent outil de renforcement d’une économie de proximité. Ou encore de réfléchir à la création de petites structures de production d’électricité verte décentralisées, pour ne plus être soumis au monopole des grands groupes énergétiques.

Tous ces exemples concernent aussi bien le citoyen lambda que les élus. Si ces derniers sont sensibles au discours que porte le mouvement de transition, celui-ci pourra franchir des étapes décisives en étant pris en compte dans les politiques publiques, ce qui sur certains points est déjà le cas. Dans le 18ème et d’une manière générale sur Paris, les jardins partagés ne pourraient pas exister si la majorité actuelle n’était pas convaincue de la nécessité de les développer. L’action politique est donc tout aussi déterminante que l’action citoyenne comme on le voit également à travers la mise en place du plan-climat parisien voté en 2011. Il s’agit d’un outil précieux de lutte contre le changement climatique et qui prévoit de réduire les émissions de gaz à effet de serre de Paris de 75% en 2050.

Quand aux entreprises, elles ont évidemment toute leur place dans ce mouvement et peuvent même en être un rouage essentiel. C’est le cas notamment du secteur de la restauration et de l’alimentation qui en achetant des produit locaux et biologiques, peut encourager l’agriculture non productiviste, quasiment décarbonée car sans intrant chimique et avec un transport de marchandises réduit.
Ainsi, dans notre arrondissement, on pourrait imaginer avec Quartiers en Transition la mise en place d’un réseau de restaurants qui privilégierait de manière régulière, ce mode d’approvisionnement en faisant travailler des petits agriculteurs franciliens.

Dixhuitinfo : Né dans le 18e arrondissement, Quartiers en transition a-t-il pour vocation à être reproduit dans d’autres quartiers/d’autres arrondissements ?
Quartiers en Transition a vu le jour dans le 18ème car l’idée est née ici mais l’association aurait très bien pu voir le jour dans un autre quartier de Paris. Comme cela est écrit sur notre blog, « Quartiers en Transition se mobilise à Paris, dans nos arrondissements… ». Sa vocation est donc d’essaimer non seulement à Paris mais aussi dans d’autres grandes villes, comme Lyon ou Marseille par exemple afin que se multiplient ce type d’initiatives dans de grandes métropoles très urbanisées où ce mouvement est moins implanté.

Dixhuitinfo : Pour développer l’association, quels sont vos besoins actuels ?
A ce stade de notre existence, les besoins sont limités même si évidemment, pour que nous puissions nous développer et surtout nous faire connaître, il est essentiel que l’on parle de nous, comme le fait aujourd’hui 18info.com ! Le mouvement de transition reste en effet pour le moment encore confidentiel même si en l’espace de quelques mois, son audience s’est considérablement élargie.

Un mouvement pluraliste, autogéré mélange d’écologie et de pratiques alternatives 

Le miel fait son retour à Paris. Au début du siècle, la capitale hébergeait 2000 ruches.

Notre volonté est donc de multiplier les évènements et les actions pour donner de la visibilité à nos idées, qui, nous le pensons, peuvent séduire beaucoup de citoyens déçus par la politique et désireux de s’investir dans des initiatives plus concrètes. De ce point de vue, ce mouvement, par son coté pluraliste et fédérateur et surtout son auto-organisation, peut offrir des perspectives nouvelles, propres à donner du poids à la société civile et permettre aux thèmes que nous portons, mélange d’écologie et de pratiques alternatives, de se diffuser au sein de la population.

Dixhuitinfo : Quel sera votre prochain événement ?
Notre prochain grand rendez-vous aura lieu le 9 octobre prochain. Nous organiserons avec plusieurs associations et notamment « Marchés sur l’eau », une journée dédiée à l’alimentation et à l’agriculture intitulé « Produire et se nourrir en Ile-de- France, un enjeu pour l’avenir ». Ce thème était déjà celui choisi pour notre premier évènement en mai dernier et nous avions constaté qu’il avait suscité un réel intérêt. Cette fois, avec l’association « Marché sur l’eau » mais aussi le réseau national des Villes en Transition, l’idée est de poser la question de la production et de l’approvisionnement des ressources alimentaires en Ile-de-France tout en l’illustrant par des exemples d’initiatives parisiennes. Cette journée se déroulera vraisemblablement en trois temps, avec un premier rendez-vous à Ecobox où seront installées diverses animations puis une conférence sur la péniche Antipode dans le 19ème arrondissement avec les différents acteurs cités plus haut et enfin, un grand repas à Ecobox avec des produits locaux évidemment !
Le fait de travailler sur cet évènement avec « Marchés sur l’Eau » est très important pour Quartiers en Transition car l’objectif de cette association créée par Claire-Emmanuelle Hue s’inscrit complètement dans la démarche de transition. Il s’agit de transporter par voie fluviale, la Seine en l’occurrence, des produits locaux, biologiques, produits en Seine-et-Marne et d’approvisionner les quartiers parisiens. On est donc là dans un système économique, social –avec le maintien d’une agriculture paysanne- et écologique tel que nous le défendons. « Marchés sur l’eau » expérimente d’ailleurs grandeur nature tout au long du mois d’aout son projet, en proposant quasiment chaque jour aux habitants des produits en provenance de la Seine-et-Marne.

Nous avons également prévu fin octobre début novembre, d’organiser de nouvelles journées de Quartiers en Transition, cette fois autour de la thématique « Pic pétrolier et énergie ». Enfin, l’élaboration de la « carte locale de la transition » donnera lieu, une fois achevée à un lancement qui permettra de mettre en valeur les acteurs du 18ème. Cet évènement pourrait prendre sa place au début de l’année 2012.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s