Marché sur l’eau, le tube de l’été 2011 de la transition

Les traits du visage sont un peu tirés mais le large sourire en dit long. Claire-Emmanuelle Hue a réussi son pari : mener à bon port l’aventure de « Marché sur l’eau » qu’elle a imaginé il y a un peu plus d’un an. Au coeur de l’été, elle et son équipe auront  transformé les abords de la place Stalingrad dans le 19ème arrondissement en un lieu d’expérimentation grandeur nature des circuits courts et de la transition.  Et démontrer que nourrir des quartiers parisiens avec des aliments produits localement et acheminés par voie fluviale n’est pas une lubie écolo…  La preuve : alors que « Marché sur l’eau » s’apprête à fermer ses portes ce week-end, la fréquentation dépassent les prévisions les plus optimistes de Claire-Emmanuelle Hue.

2500 clients en un mois !

Près de 2500 clients se seront pressés autour de la petite étale de fruits, de légumes et autres produits frais installée au pied de la Rotonde depuis le 10 août.  L’engouement s’est vérifié immédiatement, à tel point qu’il a fallu, contrairement au tableau de marche initial, charger le  bateau au maximum dès la première semaine  alors qu’il était prévu une montée en puissance beaucoup plus progressive…

Au delà de ces chiffres, c’est l’accueil qui a été réservé à l’initiative qui enchante son initiatrice. Elle se souvient ainsi de cette habitante du 16ème arrondissement venue par hasard et repartant avec 1kg d’haricots… pour réapparaître le lendemain et acheter cette fois 2kg car ces « haricots lui rappelaient ceux de son enfance au gout si savoureux« . Il faut dire que contrairement à la grande distribution, ces fameux haricots sont récoltés à la main, loin de la mécanisation et de la standardisation de leurs semblables qui inondent les supermarchés.

Près de 2500 clients en un mois pour Marché sur l'Eau, pari réussi !

Si la qualité des produits a été l’une des clefs du succès, c’est la philosophie du  projet en lui même qui a aussi séduit les consommateurs : travailler avec des agriculteurs locaux et acheminer leur production par le canal de l’Ourcq, réduisant ainsi l’empreinte environnementale du transport.

6,8 tonnes de produits alimentaires transportées

En un peu plus de trois semaines, ce sont ainsi près 6,8 tonnes de denrées alimentaires qui auront fait le trajet au fil de l’eau sur une petite barge entre Claye-Souilly en Seine-et-Marne et le bassin de la Villette . Quand on sait que la route, grosse émettrice de gaz à effet de serre, représente près de 90% du transport de marchandises en Ile-de-France, on comprend combien le défi lancé par Claire-Emmanuelle Hue est primordiale dans un contexte global particulièrement préoccupant pour notre planète, entre pic pétrolier et changement climatique. Une étude réalisée en 2009 dans le cadre du Plan de Déplacement Urbain en Ile-de-France souligne d’ailleurs à quel point  favoriser le report modal de la route vers le fluvial est essentiel alors que le contexte actuel, toujours selon cette étude, est « favorable au développement de la voie d’eau ».

Claire-Emmanuelle Hue avec une nouvelle adhérente de Marché sur l'Eau

Un véritable plaidoyer donc en faveur de la poursuite de l’expérience de Marché sur l’Eau même s’il faudra attendre le printemps prochain pour revoir la trentaine de bénévoles au pied de la Rotonde. Claire Emmanuelle Hue avait en effet dès le départ décidé que l’expérimentation se déroulerait en deux phases, la première en 2011 et la seconde en mai 2012. Un délai nécessaire pour à la fois tirer le bilan de ces premières semaines mais également réfléchir aux perspectives futures. Parmi celles-ci, la création d’un emploi salarié, l’achat d’une barge ou encore la pérennisation sur le long terme, et non plus seulement quelques semaines par an, de l’activité.

Un nouveau rendez-vous le 9 octobre

De quoi réjouir les clients de ce marché pas comme les autres, comme  cette cycliste, venue tout exprès ce jeudi midi de Noisy le Sec chercher ses légumes et qui, apprenant la fermeture ce week-end de son commerce désormais attitré, s’inquiétait de ne plus savoir où acheter ses produits frais. Une réaction loin d’être isolée, qui se traduit dans le nombre d’adhésions à l’association. De 60 début août, il a bondit à près de 180 trois semaines plus tard, avec des nouveaux adhérents conquis par le projet et bien décidés à le soutenir jusqu’au bout.

C’est le cas également de Quartiers en Transition qui vous donne rendez-vous dimanche 9 octobre pour une journée consacrée à l’énergie et à l’alimentation avec notamment un débat intitulé « Produire et se nourrir en Ile-de-France : un enjeu pour l’avenir » auquel participera Claire Emmanuelle Hue et toute l’équipe de Marché sur l’Eau.

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