Transition énergétique : l’Ile de France en 2050 vu par le Conseil économique régional

Dans son dernier rapport intitulé « Quel visage pour l’Île-de-France en 2050« , le Conseil économique, social et environnemental régional d’Île-de-France (CESER) évoque la transition énergétique en dressant les perspectives pour les 15 millions de franciliens que nous serons dans 40 ans.

Le CESER écrit ainsi que « d’ici 2050, (…) une page se tourne, signant la fin d’une époque. La vie sera très différente de celle d’aujourd’hui et il faut que la société s’y prépare. [Les] pays [développés] auront à fournir d’autant plus d’efforts pour faire croître leur production que leur croissance sera obérée par l’augmentation du prix des produits de base. Ils ne survivront pas s’ils n’inventent pas un pétrole de substitution, peu cher, respectant l’environnement et n’engendrant pas de déséquilibres économiques dommageables au développement de la Société (agriculture). » 

Reste à savoir maintenant ce que les experts qui ont rédigé ce rapport entendent par « pétrole de substitution« . Ainsi en page 105, sous le titre « Filières industrielles stratégiques de la croissance verte « , on peut lire l’énumération suivante « véhicules décarbonés, énergies marines, biocarburants de deuxième et de troisième génération, éolien off-shore, bâtiment à faible impact environnemental, captage, stockage et valorisation du CO2, recyclage et valorisation des déchets. » Le tout, dans l’esprit des auteurs de ce rapport,  étant  autant de secteurs appelés à être à la fois moteur de la fameuse croissance verte censée tirer économiquement l’Ile-de-France vers le haut et en même temps, rendre cette dernière plus robuste pour affronter la crise climatique et énergétique.

La transition oui, mais sans remettre en cause la croissance économique…

Las, voilà donc encore un rapport qui n’envisage l’avenir que sous l’angle de la croissance économique éternelle, une idéologie héritée du XXème siècle et dont on se demande combien de temps encore elle perdurera. Or, repeindre en vert cette croissance pour la rendre plus écolo-compatible et coller ainsi à l’air du temps ne peut masquer  le terrible aveu de ce propos : le refus d’envisager une société libérée du dogme de la croissance.  

Pourtant, depuis 1972 et le fameux rapport du Club de Rome (cité dans cette étude du CESER en page 81, ce qui n’est pas le moindre des paradoxes…) intitulé « Halte à la croissance« , nous savons que la société de consommation nous engage dans une course en avant dont la principale victime n’est d’autre que notre propre planète. D’où la prise de position très claire du Club de Rome qui affirmait alors que si les tendances observées en matière de croissance démographique et d’accélération des processus d’industrialisation se maintenaient, les limites écologiques de ce modèle seraient atteintes au terme des 100 prochaines années (vers 2072).

Des prévisions malheureusement vérifiées quarante ans plus tard, avec le bouleversement climatique en cours et la crise énergétique que nous vivons, véritable symbole de cette idéologie du « toujours plus ».

Un rapport au goût d’inachevé, sans véritable perspective de transition énergétique

Le rapport du CESER laisse donc de ce point de vue un goût d’inachevé car il aurait pu constituer une véritable occasion de revendiquer la mise en œuvre de politique courageuse pour que l’Ile-de-France s’engage avec détermination sur la voie de la transition énergétique. Au lieu de ça, et malgré des expressions tel que « révolution énergétique« , ce texte semble encore trop  dicté par une volonté de « faire consensuel »  sans remettre véritablement en cause les choix économiques actuels à l’opposé de la nécessaire transition globale.

Une phrase, dans la conclusion de ce rapport (page 153), résume son état d’esprit : « La croissance économique, élément cardinal pour entraîner une meilleure qualité de la vie, résultera de la volonté de l’’ensemble des Franciliens de changer de cadre de vie, d’améliorer les processus de production et de trouver de nouveaux produits tout en restant dans la compétition internationale« .

Tout est dit et malgré les bons sentiments ou les quelques pistes lancées ici et là par ses auteurs, cette étude finit en queue de poisson en continuant de défendre à tout prix, la compétition économique internationale… Tout reste donc à faire en la matière et Quartiers en Transition proposera à la rentrée 2011 des nouvelles journées sur le modèle de celles consacrées à l’alimentation en mai dernier, mais cette fois en lien avec la thématique « Energie ».

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