Face au défi alimentaire et énergétique, préservons les terres agricoles franciliennes

La nécessité de repenser  l’agriculture périurbaine pour faire face à la crise climatique et à l’épuisement des énergies fossiles avait déjà fait l’objet d’un post sur ce blog il y a quelques semaines. Cet article faisait notamment écho à une étude de l’IAU baptisée Nourrir 12 millions de franciliens, un défi quotidien. Une étude qui est sortie en février 2011 et qui est donc aujourd’hui disponible intégralement. Sa lecture permet de comprendre la justesse des réflexions que se font jour autour de la démarche de transition. Une démarche qui se veut concrète, avec des initiatives transposables sur le terrain, à plus ou moins brève échéance.

« Développer les filières franciliennes robustes »

Et quelle meilleure illustration que l’alimentation et l’agriculture pour comprendre non seulement les enjeux de la transition mais aussi les moyens à mettre en œuvre pour répondre aux défis du siècle qui commence. L’IAU ne dit pas autre chose quand elle pointe le fait que « ces dernières années,les émeutes de la faim dans certains pays et la course aux terres agricoles ravivent le souci de manquer de nourriture, même dans des pays développés. La question centrale d’un approvisionnement durable revient sur le devant de la scène francilienne. »

Une question que les décideurs économiques et politiques avaient oublié, s’abritant derrière leur foi inébranlable dans le progrès technique et scientifique, symbolisée  notamment par la révolution verte des années 60. Dès lors prévient l’IAU, « face à ces mutations, il est primordial de garantir les productions en adaptant les variétés et les pratiques, en anticipant les évolutions climatiques et le renchérissement énergétique. Il faut développer des filières franciliennes robustes, pesant le moins possible, tant en ressources qu’en émissions et rejets, sur les régions alentour, et moins tributaires de l’économie mondiale« .

Le spectre de l’artificialisation des sols

Des filières robustes, nous sommes bien là au cœur de la transition qui entend promouvoir une agriculture de proximité, respectueuse de l’environnement, économe en énergie fossile. La notion de circuit court est donc prépondérante mais en Ile-de-France, celle-ci pourrait être mise à mal au regard de la vitesse à laquelle disparaissent les terres agricoles sous l’effet de l’urbanisation débridée. Une autre étude publiée en février 2011, celle émanant du Commissariat général au développement durable et intitulé « L’artificialisation des sols« ,  souligne en effet que « La progression des espaces artificialisés s’opère principalement aux dépens des terres agricoles. 90 % des sols artificialisés entre 2000 et 2006 proviennent de zones agricoles. Parmi les nombreuses conséquences environnementales qui en résultent, l’imperméabilisation des sols compromet, souvent définitivement, leur utilisation à des fins de production alimentaire ou non alimentaire« .

Et malheureusement, l’Ile-de-France est particulièrement touchée par ce phénomène comme le précise cette étude : « Ce sont les régions déjà très urbanisées comme l’Alsace, l’Île-de-France et le Nord – Pas-de-Calais, qui ont connu le mouvement de disparition des terres agricoles le plus élevé« .

La terre, une ressource irremplaçable

Consciente de ce danger, l’IAU écrit que « La responsabilité des acteurs publics impose de préserver ces terres agricoles, parmi les plus fertiles du monde, qui ont mis des millénaires à se constituer« . Une préoccupation que partage les AMAP par exemple ou encore les jardins partagés avec leur potager de proximité mais aussi  Terre de Liens qui lutte notamment pour « encourager les collectivités locales à considérer comme essentiel le rôle de la terre comme ressource irremplaçable dans l’aménagement du territoire« .

C’est toutes ces initiatives que Quartiers en Transition souhaite promouvoir et encourager en organisant des débats et des actions concrètes dans nos quartiers, à Paris. Un rendez-vous est en préparation autour précisément de cette double thématique qu’est l’agriculture et l’alimentation, rendez-vous qui devrait avoir lieu en mai prochain à Paris dans le 18ème arrondissement.

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2 réflexions sur “ Face au défi alimentaire et énergétique, préservons les terres agricoles franciliennes ”

  1. http://www.vivacites-idf.org/spip.php?article1107

    Action Vert l’Avenir (AVA) a acquis une expertise du jardinage en ville et de l’accompagnement de projets de développement local et de participation citoyenne.

    En identifiant les principaux obstacles rencontrés par les porteurs de projets de nature en ville, ainsi que les différents leviers d’action, l’association a décidé de mettre à disposition ce bagage sous la forme d’un guide.

    Le guide « Faire son jardin en ville » se veut un outil pédagogique et indispensable en vue de la réalisation d’un jardin partagé.

    Il apporte également des pistes et des réponses clefs à chaque étape de l’évolution du projet.

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